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Téléfoot
TF1

Tous les dimanches

 

Depuis 1977

 

11h00 à 12h00

 



Évaluation Téléfoot

“ Une institution en péril ”

En matière de télévision, la longévité n’est pas toujours gage de qualité. De l’institution que représentait encore le magazine il y a une quinzaine d’années, Téléfoot n’a conservé que le nom. Pire que l’anonymat dans lequel s’enfonce inexorablement le programme, le rendez-vous dominical des footeux est même copieusement raillé par des détracteurs toujours plus nombreux, toujours plus intolérants.

Pas assez d’images, trop de discours inutiles, des thèmes qui tournent en boucle, un présentateur et des consultants exaspérants, une concurrence qui joue sur une autre planète: les raisons de la colère s’allongent au fil des saisons, et rapprochent un peu plus Téléfoot vers la sortie.

Le premier magazine consacré au football

De quoi sans doute hérisser les poils de Pierre Cangioni, celui qui a ouvert l’antenne le 16 septembre 1977. Au côté de Christian Quidet, le journaliste sportif avait dû faire preuve d’une grande persuasion pour imposer ce premier magazine entièrement consacré au football sur une chaîne française ; la Une en l’occurrence, dont le patron des sports, Georges de Caunes, était le plus réticent.

Quelques mois après la création du mensuel Onze, alors que les Verts de Saint-Etienne donnent au football français une visibilité inédite, il était grand temps que le ballon rond atteigne la petite lucarne. Il en coûtera toutefois 700 000 francs à TF1 pour obtenir les droits de diffusions auprès de la Ligue nationale (contre près de 600 millions d’euros aujourd’hui!)

Quelques procès d’intention d’un autre âge viendront également contrarier le lancement du programme, à l’image d’une campagne de dénigrement lancée par Guy Roux. L’entraîneur de l’AJ Auxerre était en effet convaincu que l’arrivée du football à la télévision était plus de nature à vider les stades de leurs supporters, qu’à contribuer à la promotion de ce sport...

L’heure tardive de diffusion (pas avant 23 h au minimum les vendredis et samedis) n’a pas facilité non plus la tâche de Pierre Cangioni. Pour exprimer son mécontentement, le journaliste ira jusqu’à présenter l’émission à la chandelle en avril 1980, sans pour autant faire fléchir la direction de TF1. Peu importe, le public est au rendez-vous et Télé Foot 1 est à l’aube, sans le savoir, de l’une des plus longues histoires du PAF.

La valse des présentateurs

Jusqu’en 1982, le sommaire est immuable, avec les images inédites des rencontres (deux matches résumés en dix minutes), des portraits, des reportages, des rétros, des buts venus d’ailleurs, et même des dessins animés. Le visage et la voix de Pierre Cangioni deviennent familiers, mais ne résistent pas aux ambitions de Michel Denisot qui s’impose de la tête et des épaules aux commandes de l’émission en 1982.

Thierry Gilardi laisse pour sa part un grand vide lors de son décès brutal en 2008

Rebaptisé Téléfoot, le magazine s’installe le dimanche matin pour laisser plus de temps aux équipes techniques de préparer leurs sujets, mais la valse des présentateurs perturbe les audiences. Après Didier Roustan (1984 à 1989) et Roger Zabel (1989 à 1990), c’est réellement Thierry Roland entre 1990 et 2004 qui installe une certaine stabilité (Sept d’Or de la meilleure émission en 2000).

Censé redynamiser le programme à son arrivée en 2004, Thierry Gilardi laisse pour sa part un grand vide lors de son décès brutal en 2008. TF1 entre-temps a perdu les droits de diffusion au profit de France 2 en 2007, puis de Canal+ en 2008.

Les temps changent, et Téléfoot n’est déjà plus une référence.

2/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

A la surprise générale, c’est Christian Jean Pierre qui assume l’intérim pendant cette période de deuil. Lancé dans le grand bain, le journaliste n’est pas un inconnu, il présentait déjà Les Z’insolites fin 90’, et gravite au sein du microcosme de l’émission depuis plusieurs années.

Mais le poids des responsabilités est grand au regard du manque d’expérience du présentateur. Solution par défaut ou réel choix rédactionnel de la part de TF1? La question reste en suspens lorsque la chaîne annonce quelques semaines plus tard l’installation définitive de Christian Jean Pierre aux commandes de Téléfoot, et aux commentaires des matches de l’équipe de France.

Un débit qui agace

Personne ne pourra reprocher au journaliste son implication et son sérieux, mais l’enthousiasme débordant dont il est coutumier n’est pas communicatif.

Sur le plateau de Téléfoot comme sur son siège de commentateur, le nouveau monsieur foot de TF1 balbutie ses analyses.

L’empressement à terminer ses phrases le fait souvent sortir des rails, et la locomotive à pleine vapeur agace, plus qu’elle n’entraîne le public.

Christian Jean Pierre sur le plateau de Téléfoot

Stigmatisé pour ses errements, son volume de voix trop élevé, et son incapacité à l’adapter à celui de ses invités, Christian Jean Pierre dénote souvent, sur la forme comme sur le fonds. Sa complaisance, à l’image d’un sourire figé quelles que soient les circonstances, condamne un certain sens critique dont il est pourtant le garant.

Stigmatisé pour ses errements, son volume de voix trop élevé, et son incapacité à l’adapter à celui de ses invités

Le présentateur dépense ainsi son énergie à mettre sur un piédestal les “valeurs sûres” du foot business, pour mieux passer sous silence les réalités et méandres d'un univers pour le moins contrasté...

Des chroniqueurs trop discrets

Autour de lui, Bixente Lizarazu, Frédéric Calenge et Charlotte Namura, font office de faire-valoir cette saison, avec des commentaires convenus, et des images souvent réchauffées qui grouillent sur la toile bien avant leur diffusion à l’antenne.

Le passage d’anciennes gloires en éternelle tournée de promotion en est encore une démonstration: la fausse camaraderie ne fait pas d’étincelle à l’écran.

3/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Qu’il est loin le temps de l’insouciance, où le contenu de Téléfoot à lui tout seul portait le magazine à bout de bras! Progressivement délesté des droits de diffusion de la Ligue 1, jusqu’à perdre les seules 90 secondes encore autorisées jusqu’en 2014, le magazine a tenté plusieurs relookages ces dernières années, sans parvenir à combler son retard.

On vient à Téléfoot pour confirmer que l’on est le meilleur dans son domaine, histoire de valider le discours insistant du présentateur

Si les joueurs, les entraîneurs ou les présidents de club ne boudent pas encore l’émission, leur présence aujourd’hui est systématiquement accompagnée d’une pluie de louanges aussi insupportable qu’inutile.

On ne vient plus à Téléfoot pour faire des révélations, répondre aux critiques, expliquer sa tactique ou détailler sa technique, mais bien pour confirmer que l’on est le meilleur dans son domaine, histoire de valider le discours insistant du présentateur et de ses chroniqueurs.

On prend les mêmes….

Le championnat de France est tout de même toujours à l’honneur, avec beaucoup  d’interviews d’après-match, faute d’images. Passé les ténors qui se partagent le podium, c’est le néant. Pour TF1, le ventre mou de la Ligue 1 et la queue de peloton, ne semblent pas assez représentatifs pour figurer au sommaire de l’émission.

Il en va de même pour les grands championnats européens, anglais, espagnols, voire allemands (parfois). En France comme ailleurs, seuls les gros budgets ont le droit de citer.

Une philosophie sélective qui s’applique également à la plupart des reportages, et constitue l’un des reproches les plus récurrents.

Quelle que soit la période de l’année, vous n’échapperez pas à l’actualité du Paris-Saint-Germain, de l’Equipe de France, de Lionel Messi, Christiano Ronaldo et Karim Benzema. Pas assez de substance pour attirer les néophytes, et trop de redondance pour conserver les vrais passionnés.

Rumeurs et polémiques

Encore moins flatteur, Téléfoot s’applique depuis quelques années à relayer toutes les rumeurs et les polémiques qui gravitent autour du ballon rond. A chercher le buzz à tout prix, le magazine s’est éloigné un peu plus de son public, lassé de ne plus voir, et de ne plus entendre parler de football.

1/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

Parti d’un générique devenu mythique dans les années 80, par sa longueur, sa musique folklorique et ses images d’archives, Téléfoot n’a plus réellement trouvé chaussure à son pied depuis. Après avoir testé et éprouvé l’agressivité de Kill Bill ou de Godzilla, ce dernier est difficilement identifiable aujourd’hui.

Trop court et trop anodin, il tranche avec un contenu baigné d’extraits musicaux et de bandes-annonces en tous genres. Mis à part les passages en plateau, où le public figé par le direct semble chercher les issues de secours, le magazine n’est devenu qu’une succession de bandes-son qui contribuent à la survente des sujets.

La qualité du montage n’est pas en cause, mais là encore, faute d’image, on se noie dans l’enrobage du côté de TF1 pour mieux faire passer la pilule. Le résultat est souvent brouillon, criard, et au final, inaudible.

2/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

On ne sait plus qui est le plus mal à l’aise sur le plateau de Téléfoot, entre le présentateur, ses chroniqueurs, le public ou les invités. Les téléspectateurs, eux, n’ont pas cherché à comprendre, avec une baisse de la moitié des audiences ces dix dernières années (de 3 millions à 1,5 million).

L’absence d’objectivité et l’ambiance surfaite qui règne autour de Christian Jean Pierre, ne sont pas de nature à sauver un contenu déjà peu engageant, dans lequel plus aucun amateur de football ne s’y retrouve.

L’absence d’objectivité et l’ambiance surfaite qui règne autour de Christian Jean Pierre, ne sont pas de nature à sauver un contenu déjà peu engageant

Alors certes, la féroce concurrence de Canal+, BeIN sports, voire de l’Equipe du soir, prive le magazine de ce qui constituait tout son intérêt dans les années 80’ et 90’.

Pour autant, Téléfoot et son créneau si atypique aurait encore de belles heures devant lui si d’aventure le magazine reprenait le chemin des filets, pour délaisser les bords de terrain et les miettes d’information qui le parsèment.

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique

Evaluation finale

Les Plus

Le nom

L’horaire

Les Moins

Christian Jean-Pierre et son équipe

Le manque d’images

L'omniprésence de montages et de musique 

La concurrence.

La note finale
8/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
7/20
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