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On n’est pas couché
France 2


Le talk-show longue durée

Les samedi soir sur France 2 



Évaluation On n’est pas couché

“ Le ring du samedi soir ”

Présentation

Onzième année pour On est pas couché (première diffusion en septembre 2006). Elle est enregistrée le jeudi soir au Studio Gabriel. Il s’agit d’une des plus longues émissions de l’audiovisuel.

Le ring ONPC

Les interviews de l’émission sont connues et reconnues pour leur mordant. Inaugurée par Eric Zemour et Eric Naulleau (désormais tous 2 sur Paris Première), cette virulence a largement contribué à la notoriété du programme. Depuis quelques années, le ton des co-animateurs s’est un peu adouci même si les opinions restent souvent tranchées, fortes et parfois sans concession.

4/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

Introduction humoristique et courtoise

Laurent Ruquier débute son émission par une revue de presse humoristique, l’une de ses marques de fabriques. Enchainant les bons mots à un rythme soutenu, l’animateur nous gratine de quelques mots d’esprit de qualité ; et d’autres saillies un peu moins subtiles (dans l’esprit des chansonniers politiques des années 80).

Il enchaine par le sommaire de l’émission, la présentation des invités puis l’accueil du premier d’entre eux sur le fauteuil (désormais célèbre) d’interview. L’animateur présente chaque invité avec respect et sans parti-pris. Fait rare, les hommes (et femmes) politiques sont présentés et accueillis avec la même courtoisie que les écrivains, acteurs ou intellectuels.

Ancrage politique et ouverture

Ne se cachant pas de son positionnement politique (de gauche et ou de centre-gauche), Laurent Ruquier ne propose pas pour autant de vision sectaire ou clivée de l’offre politique ni des idées débattues dans son émission. Cela explique pour partie, en sus des bonnes audiences, l’engouement du monde politique à participer à ce talk-show tardif.

Laurent Ruquier ne propose pas de vision sectaire ou clivée de l’offre politique ni des idées débattues

L’animateur de ONPC (On est pas couché), curieux et espiègle, intervient régulièrement dans les interviews menées par ses 2 co-animateurs. Il lui arrive de reformuler certaines questions (de Yann Moix en particulier), de préciser un élément de langage (à destination des téléspectateurs) mais aussi d’intervenir en modérant des propos excessifs ou parfois outranciers.

Disposant d’une solide culture générale et d’un goût affirmé pour les questions de société, Laurent Ruquier aime questionner, approfondir, comprendre.

Pour l’année 2016-2017, les 2 co-animateurs sont Yann Moix, écrivain et cinéaste (présent pour la seconde année consécutive) et Vanessa Burggraf, journaliste et ex-présentatrice de télévision sur France 24 (première année de présence dans l’émission).

Laurent Ruquier organise et distribue la parole

Laurent Ruquier fait figure de juge de paix à des moments où la tension monte (entre les 2 co-animateurs et la personne interviewée) ou qu’il considère que des propos peuvent déraper ou choquer. Son flegme et ses interventions, souvent à-propos, sont rarement perçus et encore moins soulignés...

4/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Une partie du succès de l’émission repose sur l’équilibre entre l’animateur principal et ses 2 co-animateurs. Permettre à chacun(e) d’exister dans la discussion, d’exprimer ses opinions et ses questions, tel est l’enjeu qui fait perdurer ONPC depuis 11 années…

Interviews musclées de Yann Moix

Yann Moix dispose de qualités intellectuelles hors-normes. Sa vivacité d’esprit, ses fulgurances de pensées et ses raisonnements complexes en font un penseur brillant. Néanmoins, son débit de parole (parfois haché) et la formulation de ses réflexions s’avèrent parfois difficiles à suivre, à comprendre.

Sa vivacité d’esprit, ses fulgurances de pensées et ses raisonnements en font un penseur brillant

Parfois engagé dans une logique agressive envers ses interlocuteurs (quasi-toujours masculins), le fond de son discours en perd de sa substance, de sa lucidité. A l’inverse, lorsque Yann Moix se montre suffisamment apaisé et calme, ses remarques et questions (à l’endroit des invités) peuvent friser l’excellence.

 Beaucoup plus sévère à l’endroit des responsables (chefs d’entreprises, dirigeants politiques…) qu’à celui des invités de la sphère culturelle, Yann Moix peut faire preuve d’une démagogie certaine lorsqu’il s’agit d’encenser certains artistes. Il perd alors une bonne partie de son discernement, au détriment d’une pensée alerte et respectueuse du public.

Une Vanessa Burggraf offensive

Diplômée d'un DEA de lettres et d'un DESS de communication politique et sociale (à la Sorbonne), Vanessa Burgraff fait preuve d’une belle pugnacité face à ses interlocuteurs. Précise dans ses questions et agile dans ses formulations, elle propose un regard aiguisé sur les questions politiques, économiques et sociales.

Un petit peu moins à l’aise avec les univers de la Culture, elle parait néanmoins trouver sa place assez naturellement. On regrettera, à certains moments, une certaine dureté dans l’expression et une approche un peu brutale ; particulièrement à l’endroit des invités politiques.

Les 2 co-animateurs concentrés sur leur invité-cible

Espace de parole ouvert ou jeux du cirque?

Les invités de l’émission savent qu’ils doivent faire face à des questions directes et sans faux-semblants. Ces interviews longues, parfois fleuves, permettent de faire affleurer des moments de vérité.

Les confidences égrenées le sont grâce au respect de la parole, de la part des animateurs, des invités (de part et d’autre des tables en arc de cercle) mais également du public.

Néanmoins, lors de séquences de controverses (assez fréquentes dans l’émission), la tension peut rapidement monter ; les interviewers pressurisent alors l’invité, le public réagit (quasi-toujours dans le discrédit des dirigeants et ou responsables politiques).

Les co-animateurs endossent alors des habits de procureurs, parfois de justiciers

A ces moments de plus fort tension, le questionnement se transforme un peu plus en interrogatoire, les co-animateurs endossent alors des habits de procureurs, parfois de justiciers. La pensée élaborée laisse progressivement place à des réactions plus brutales, pulsionnelles ; le tout sous les encouragements d’un public assoiffé de vérité (ou de vengance?)...

L’espace de discussion initial, plutôt apaisé, laisse alors place à une forme d’arène dans laquelle l’invité-accusé peut se trouver acculé, attaqué de toute part.

2/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

Enregistrée dans les conditions du direct, ONPC ne souffre pas de problèmes techniques majeurs. Les cadrages sur les invités sont stables.

Des gros-plans, réguliers, permettent de mettre l’accent sur l’expression corporelle de l’invité : regards, mouvements des mains, postures du corps. Ces « focus » accompagnent les propos sans dénaturer la possibilité d’écoute et de compréhension.

4/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

La sensation éprouvée, au sortir d’un visionnage de ONPC, peut beaucoup osciller selon les émissions. Difficile par conséquent de tirer des conclusions monolithiques ou simplificatrices…

Clair et obscur

A la lisière entre talk-show, spectacle télévisuel et confessions intimes, ONPC éclaire sur le monde actuel… Côté clair, l’éclectisme des invités, la parole-libre des co-animateurs ou encore la bienveillance d’un Laurent Ruquier beaucoup plus subtile qu’il n’est habituellement présenté.

Côté obscur, la nécessité de têtes d’affiche pour attirer le chaland, la récurrence d’invités-polémistes mais aussi « l’infotainment » qui mélange les genres (et peut générer une confusion certaine dans l’esprit des téléspectateurs). 

Une tension nerveuse réellement nécessaire?

Le point central de cette émission, son ADN en quelque sorte, réside dans les échanges – régulièrement musclés – entre l’invité(e) et les 2 co-animateurs... Cette réalité est d'autant plus manifeste lorsqu'il s'agit des invités intellectuels et ou politiques.

La tension nerveuse, la véhémence voire l’agressivité qui s’y joue parfois, lors de huis-clos aux accents de tribunal, interroge quant au but recherché : interroger les failles de l'invité-accusé,  le mettre en difficulté, en défaut voire l'humilier?

Interroger les failles de l'invité-accusé,  le mettre en difficulté, en défaut voire l'humilier?

Difficile de ne pas considérer que, par le choix de personnalités rarement apaisées (aux places des co-animateurs), la production de l’émission choisit de mettre en scène la tension, de l’exploiter à des fins purement mercantiles et marketing.

Sur ce point, on pourrait tout à fait imaginer des interviews plus apaisées, moins tumultueuses ; plus respectueuses et moins agressives… Avec le risque, néanmoins, de réaliser un petit peu moins d’audience.

Par Denis Morineau
Médias et numérique

Evaluation finale

Les Plus

L’intelligence et le respect de Laurent Ruquier

Le temps pour discuter et débattre

Les valeurs humanistes de l’émission

Les Moins

L’inutile agressivité des 2 co-animateurs

L’ambiance un peu interrogatoire ou tribunal

La colère contre les politiques

La note finale
14/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
14/20
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