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L’équipe du soir
L'équipe TV

 

Talk show sportif

 

De 22h30 à minuit

 

Du lundi au vendredi



Évaluation L’équipe du soir

“ L'Equipe se la joue collectif ”

Accessible via le câble dès 1998 sur l’Equipe TV, puis sur l’Equipe 21 en TNT depuis décembre 2012, et enfin, sur la chaîne l’Equipe depuis septembre 2016, l’Equipe du soir n’en finit plus de repousser ses records d’audience. Véritable locomotive pour “la chaîne du foot et du prono”, le programme a su trouver un équilibre entre le fond et la forme, du lundi au vendredi de 22h30 à minuit.

Ce “journal débattu”, comme se plaît à le décrire son présentateur historique Olivier Ménard, un temps courtisé par Canal+, s’est construit une identité propre au sein d’un groupe devenu plurimédias, et peut s’appuyer sur l’un des titres de presse écrite les plus légitimes de l’hexagone, fondé en 1946.

Pour autant, la partie était loin d’être gagnée pour cette énième émission sportive de fin de soirée, dans laquelle se bousculent des intervenants de tous horizons. Une certaine forme d’anarchie aurait ainsi pu prendre durablement les commandes. Au contraire, le programme bouillonne mais ne déborde jamais. La recette est au point.

4/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

Après avoir longtemps cherché sa voie, Olivier Ménard, dont les premières passes d’armes ont été effectuées sur les ondes d’une radio locale du côté d’Angers, est parvenu au fil des saisons à mettre en avant l’un de ses principaux atouts: sa faculté à construire et à faire vivre une équipe.

Rarement débordé par les événements ou les aléas du direct (et il y en a !), il sait faire preuve d’un sang froid méthodique, caractérisé par un ton d’une grande clairvoyance, qui ne s’emballe dans aucune circonstance.

Chez “mémé”, on marche à la clochette

Au centre de l’Equipe du soir, à l’image de la représentation de la cène qui constituait la campagne publicitaire du programme, le présentateur est un guide vers qui les apôtres chroniqueurs sont tournés en permanence.

Tantôt en retrait pour laisser vivre les débats, tantôt modérateur lorsque ces derniers s’éternisent

Tantôt en retrait pour laisser vivre les débats, tantôt modérateur lorsque ces derniers s’éternisent ou s’aventurent sur des terrains boueux, Olivier Ménard jouit d’une autorité naturelle. Chez “mémé”, comme le surnomment amicalement ses collaborateurs, la clochette fait office de baguette pour ramener ses troupes au vestiaire.

Observant une neutralité à toute épreuve à longueur d’émission, le maître de cérémonie ne se dépare jamais de sa bonne humeur et de son vocabulaire adapté et accessible. Avec en prime, un zeste d’humour dont il a le secret, et une culture générale que peu d’animateurs de télévision peuvent égaler, le présentateur est à son aise, ça s’entend, et ça se voit.

L'animateur commente l'actu rugby de l'équipe de France

Comme un entraîneur digne de ce nom, Ménard choisit  ses chroniqueurs, en fonction “de leur manière très personnelle de raconter le sport”. A lui ensuite de provoquer, et de maintenir cette émulsion, si propre à l’Equipe du soir, au sein d’un programme hiérarchisé au millimètre.

Mettre en avant l’expérience de chacun, permettre à tous de s’exprimer le plus librement possible, tout en lissant dans la masse quelques égos surdimensionnés et les commentaires d’ordre personnel: c’est le tour de force réalisé au quotidien par le présentateur, avec un talent certain et une décontraction désarmante.

“Il y a forcément de la mauvaise foi”

Pour maintenir l’ordre sans hausser le ton, ou recadrer un chroniqueur sans plomber l’ambiance, Olivier Ménard est l’inventeur d’une formule infaillible : la distribution de cartons. Après un carton jaune en guise d’avertissement, le trouble-fête qui persiste et signe se voit ainsi infliger un rouge. Privé de parole derrière une grille de prison virtuelle pendant 30 secondes, le chroniqueur redescend dans les tours et le débat se poursuit en son absence.

Le présentateur est parvenu à instaurer un franc parler tout en redonnant une place entière au respect des sportifs et des téléspectateurs

Une efficacité imparable pour maintenir une qualité de débat exemplaire, dénué de toute méchanceté gratuite, où la mauvaise foi est avant un gage de contradiction :”Dès lors que l’on veut défendre un joueur ou une équipe, il y a forcément de la mauvaise foi. On ne prend pas de gants, mais ça ne doit pas devenir un lynchage, sinon on sort les cartons” prévient l’arbitre Ménard.

Aux petits soins pour ses ouailles, le présentateur est parvenu à instaurer un franc parler sans concessions sur son plateau, tout en redonnant une place entière au respect des sportifs et des téléspectateurs. Dans ce domaine, il mérite presque d’être cité en exemple...

5/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Impossible de s’y perdre: le déroulé de l’Equipe du soir s’affiche dès la première minute de l’émission sur le côté gauche de votre écran, jusqu’au coup de gong final. C’est la fameuse “rivière”, elle aussi créée de toutes pièces pour l’occasion, et dans laquelle vous pouvez découvrir tous les sujets du soir.

Très pratique si vous prenez le programme en cours de route pour vous repérer dans le temps, elle peut aussi faire fuir les téléspectateurs qui, sur le papier en tout cas, n’y trouveraient pas leur compte.

11 thèmes minutés

Onze thèmes, comme autant de joueurs de football d’une même équipe sur un terrain, c’est la philosophie de départ de l’émission. L’occasion de rappeler qu’ici on aime les stars… et le football. Le ballon rond est donc largement représenté, surtout les soirs de rencontres (Ligue 1 ou Ligue des champions).

Carine Galli présente une actu footbalistique

Les dossiers, minutés, tournent ainsi régulièrement autour du sport-roi, de l’annonce au débrief des matchs, en passant par l’analyse de la stratégie des entraîneurs, des joueurs qui crèvent l’écran, et de ceux qui passent à travers. Mercato, gestes d’exception, polémiques et autres rumeurs: tout y passe, avec une certaine “fraîcheur” autorisée par la diffusion quotidienne et en direct de l’émission, qui enchaîne les scoops et les indiscrétions tout au long de la semaine.

Les traditionnelles notes

Chaque soir de matchs également, l’Equipe du soir s’est appropriée le système de note aux joueurs (3 ou 4 maximum), largement inspiré du quotidien sportif sur papier. Evalués de 1 à 10, les footballeurs (choisis par le présentateur) passent à la moulinette des experts. Là encore, aucune concession ni aucun copinage ne sont tolérés.

Des duels au couteau

Au fil des débats, parfois enflammés, toujours fair-play, Olivier Ménard se réserve le droit de déclencher des duels entre deux animateurs lorsque leurs visions sont clairement opposées. Ces derniers bénéficient de 30 secondes chacun (et pas une de plus, sanction à l’appui) pour exposer leurs arguments. Un petit jeu qui permet d’approfondir le débat et offrir quelques moments savoureux de télévision.

Une fine équipe d’experts

C’est tout l’intérêt de l’Equipe du soir: proposer tous les jours un éventail de consultants à la hauteur de ses ambitions, avec un turn-over capable de tordre le cou aux habitudes. Autour d’Olivier Ménard, le président du soir apporte son expertise historique. C’est lui qui tranche les débats en dernier recours et désigne le vainqueur des duels.

Sa parole, sacrée, n’est pas contestable, et peut difficilement être remise en cause. Dans ce rôle, on retrouve le plus souvent des “grandes gueules” comme Didier Roustan et Gilles Favard, d’anciens joueurs comme Johan Micoud et Alain Roche, ou quelques personnalités, comme Guy Roux.

Une petite partie de l'équipe réunie autour de la table de l'émission

En face d’eux, ils sont quatre à officier à tour de rôle (sur une vingtaine au total), chacun dans son style et dans sa compétence. Le plus souvent journalistes sportifs spécialisés, citons pour les plus illustres de la maison: Vincent Duluc, Bernard Lions, Yoann Riou, Erik Bielderman, Damien Degorre, Hervé Penot, Etienne Moatti, mais aussi Grégory Schneider (Libération), Dominique Severac (Le Parisien), Dave Appadoo (France football), Carine Galli (Eurosport, RMC, W9), Florian Gazan (RTL). Sans oublier les anciens sportifs comme Raymond Domenech, Marc Libbra, Olivier Rouyer…

La liste est longue, très longue, et démontre à quel point le programme a la capacité de se renouveler au quotidien, avec un casting qui tient compte des affinités des uns et des autres, et parfois, des incompatibilités.

Le public mis à contribution

Le douzième homme de L’Equipe du soir n’est autre que le public. Invité à échanger en permanence via les réseaux sociaux, il pose la question du jour en début d’émission, réagit au quart de tour aux arguments des chroniqueurs (une sélection de messages apparaît en continu à l’écran), soulève des questions (dont les réponses sont apportées dans l’extra-time), provoque les débats, et valide (ou pas) les notes attribuées aux joueurs. Une large interactivité, sur laquelle l’équipe d’Olivier Ménard s’appuie pour légitimer son travail et son approche des sujets.

Un final en roue libre

Pour clôturer l’émission, quelques minutes avant minuit, les quatre chroniqueurs et le président du soir prennent part à un quiz. Un questionnaire, autour d’un sujet d’actualité, leur permet d’engranger des points, qui s’ajoutent à ceux glanés pendant l’émission.

Le grand vainqueur prouve ainsi sa connaissance en matière de sport et les vaincus traîneront pendant quelques semaines leurs casseroles

Le grand vainqueur prouve ainsi sa bonne connaissance générale en matière de sport, et les vaincus traîneront pendant quelques semaines leurs casseroles! De quoi terminer la soirée en roue libre, souvent dans une joyeuse et communicative confusion, une fois la pression de l’émission redescendue. Et au présentateur de rendre l’antenne à l’heure.

2/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

Sevrée d’images de football, comme l’ensemble des chaînes françaises, l’Equipe du soir rivalise d’imagination pour rendre sa réalisation attractive. L’habillage de l’écran fait partie de ses points forts, avec le fameux sommaire en rivière,  et le surlignage du sujet et cours.

On y retrouve également le résumé des principaux résultats de la soirée, des informations sur les intervenants ou sur le sujet développé, les commentaires des internautes… et même une horloge! A la manière de LCI ou BFM, l’EDS est une mosaïque d’infos à plusieurs entrées, ludique, à condition que votre œil y soit exercé.

On regrettera longtemps le premier générique de l’émission, sous forme de cartoon, qui voyait Olivier Ménard descendre du ciel à bord de sa soucoupe volante pour venir se poser sur son plateau.

Mais les métaphores autour de la bande dessinée ou du cinéma culte y pullulent toujours,  comme le traditionnel “habillage à l’américaine et sa musique qui fout les jetons”, ou les effets sonores qui accompagnent certains commentaires (le canon silencieux des Tontons flingueurs, l’air de pipo, la gifle, etc). On imagine tout le travail d’attention et de réflexe réalisé par les équipes en coulisses afin de coller au mieux au direct.

4/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

On est bien chez “mémé”, c’est indéniable, et l’Equipe du soir n’aurait sans doute pas survécu à l’implacable couperet des audiences, sans ce subtil mélange de décontraction et d’application. “On est là avant tout pour faire notre travail” répète à l’envi Olivier Ménard qui, en affublant tous les chroniqueurs d’un surnom (et d’un extrait musical) en rapport à leur caractère (le spectre, la hyène, cloclo…) installe une certaine complicité entre eux, et avec le public.

L’Equipe du soir n’aurait sans doute pas survécu au couperet des audiences sans ce subtil mélange de décontraction et d’application

Le départ du fantasque et décalé Benoît Maylin en 2015 n'a finalement rien changé à l’affaire : le réseau de l’EDS possède assez de ressources pour vous informer tous les soirs, en vous amusant. Et si vous ne supportez plus l’un des intervenants, un autre saura toujours vous convaincre d’y revenir, et de rester jusqu’au bout.

Garant de cet état d’esprit, toujours prompt à pousser ces fortes personnalités vers l’excellence du collectif, Olivier Ménard est le métronome de cette mécanique de précision au rythme envoûtant. Durant ses congés, la mayonnaise a d’ailleurs bien du mal à ne pas retomber… 

Rien d’étonnant donc que la chaîne l’Equipe lui ait accordé récemment un créneau supplémentaire (de 19h45 à 20h50 du mardi au vendredi). Reste à savoir s’il s’agit là d’une petite cerise sur le gâteau, ou d’une réelle volonté de faire évoluer le programme vers une autre dimension dans les saisons à venir...

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique

Evaluation finale

Les Plus

Olivier Ménard 

Le sommaire en rivière

L’ambiance

Le turn-over des chroniqueurs

Les Moins

Trop de foot

L’horaire tardive

Le manque d’images

La note finale
15/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
17/20
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