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Zemmour et Naulleau
Paris première

 

Débats et polémiques

 

Agressions éditoriales



Évaluation Zemmour et Naulleau

“ La violence télévisuelle consacrée ”

Zemmour et Naulleau, furent les célèbres snipers d’On n’est pas couché durant cinq ans. Devenus les vraies stars du talk show, il semblait tout naturel qu’une émission les mettent à l’honneur. Depuis 2011, les deux compères ont leur propre tribune. Produite par troisième œil production, l’émission Zemmour et Naulleau en est à sa sixième saison. Diffusée sur Paris Première tous les mercredi soirs, cette émission dédiée à la politique affiche des scores plutôt satisfaisants.

2/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

Il y a donc Zemmour et Naulleau, qui entre logorrhée et prises de positions politiquement incorrectes sont exactement la où on les attend. L’un de gauche et l’autre totalement inclassable tant son discours est réactionnaire. On connaît la chanson.

Au milieu des deux trublions, Anaïs Bouton qui n’est autre que la directrice des programmes de Paris Première, essaye tant bien que mal d’en placer une et de cadrer les débats. On se demande ce qu’elle est venue faire dans cette galère. Plus connue pour sa carte de journaliste culturel que pour son expertise politique, elle se retrouve totalement effacée au profit des deux polémistes qui partent en guerre, seuls et contre tout. Contre tous.

Au milieu des deux trublions, Anaïs Bouton essaye tant bien que mal d’en placer une et de cadrer les débats

Elle parvient malgré tout, de temps à autres, à ramener le calme quand les débats deviennent trop enflammés. Mais quand elle tente la carte de l’analyse, elle se voit rembarrée illico presto par Zemmour et Naulleau, qui comme deux gamins insolents s’en donnent à cœur joie.

Elle les surnomme d’ailleurs, affectueusement, « les garçons » telle une institutrice un peu débordée qui jouerait la carte de la complicité pour ne pas laisser paraître son manque d’expérience. Alors, au milieu de ces débats sans fin, c’est plutôt les deux polémistes qui tiennent la barre de l’émission. 

Ils sont rompus à l’exercice et ils adorent ça. Zemmour ricane, Naulleau déclame. Zemmour agresse, Naulleau tempère. Alors, comme depuis une dizaine d’années, le duo se gargarise en dégainant des arguments poussifs, en flirtant toujours entre l’acceptable et le délictueux, entre le raisonnable et l’impensable.

Mitraillant avec un plaisir non dissimulé, les invités venus se rendre complice de cette farce qui se joue depuis (trop?) longtemps. Car même si l’on ne peut pas mettre les deux journalistes dans le même panier, il serait sans doute temps que Zemmour cesse de jouir de son aura d’infréquentable et se voit offrir des tribunes pour y faire tout ce qu’on lui reproche par ailleurs. Cette schizophrénie ambiante nuit à la crédibilité de l’émission et aux discours qu’elle véhicule. 

En somme, ce magazine politique ne peut être conduit correctement par qui que ce soit tant la donne est faussée au départ. Anais Bouton, presque gênée, s’enlise tandis que Zemmour et Naulleau éructent, se déchirent, s’enflamment.

3/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

« Un magazine qui promet de ne pas céder un pouce au consensus mou et à la pensée unique... » Voilà ce qu’on peut lire sur le site de troisième œil production en guise de présentation du programme.

Le prisme polémique de l’émission est donc revendiqué et les échanges s'en trouvent parfois inaudibles. Paris Première ne cesse de rappeler qu’elle met à l’honneur la liberté d’expression et qu’il n’y a donc pas de raison de censurer la parole d’un Zemmour, même si ce dernier défend des thèses tout à fait contestables et réactionnaires.

Dans cette émission politique, tout est donc permis, tous les avis sont bons à entendre et un point bonus si l’invité quitte le plateau très énervé.

Entre débats et chroniques, le programme est particulièrement dense. Découpé en sept grandes rubriques, dont les noms appartiennent souvent au champ lexical du combat, le magazine voit défiler durant près de deux heures, toutes sortes de personnalités venues en découdre avec les deux pontes de la phrase assassine et de l’argument douteux.

L'invité Barouin quelque peu dépité face à l'argumentaire d'Eric Zemmour

On commence avec le Match qui oppose Zemmour et Naulleau sur un fait d’actualité. Dans le dernier numéro, cette première rubrique était consacrée à Emmanuel Macron. Après avoir passé en revue les questions concernant son programme encore flou vient le temps du débat sur sa désormais fameuse phrase qualifiant la colonisation de « crime contre l’humanité ».

Zemmour s’en donne à cœur joie arguant que la colonisation n’avait rien de contestable devant un Naulleau résigné. Cette scène on a du la voir un bon millier de fois. Zemmour fait du Zemmour et finalement que faire à part abdiquer devant un tel cynisme.

Le match est plié d’avance et comme des parieurs un peu opportunistes l’on aurait pu donner le résultat avant même le début des hostilités. Suit la rubrique intitulée Le grand témoin durant laquelle un invité de la scène littéraire, philosophique ou culturelle est convié en plateau pour présenter son actualité et donner son avis sur un fait politique.

Cette séquence débute par un portrait de l’invité, suivi par l’apostrophe de Naulleau, sorte de commentaire-édito-critique, destiné à présenter l’ouvrage ou l’actualité de l’invité. S’en suit un débat entre les trois parties. L’invité politique fait ensuite son entrée sur le plateau, son arrivée est précédée d’un petit magnéto dont le thème annonce la raison de son invitation.

Après un énième débat, Tanguy Pastureau arrive en plateau pour sa chronique la semaine politique, de quoi emmener un peu de légèreté et de souffle en milieu d’émission.

Arrive ensuite la rubrique Focus de la semaine, ici consacrée à l’obsession des candidats à l’élection présidentielle pour le Général De Gaulle. La séquence débute avec un petit zapping illustrant le thème de la semaine. Pour l’occasion, un nouvel invité est convié au débat.

C’est sans doute la partie la plus intéressante de l’émission.  Ensuite place à la séquence Le Grand Duel, durant laquelle deux invités politiques opposés s’affrontent. Enfin, c’est Alba Ventura, éditorialiste d’RTL, qui entre en scène avec sa chronique Jusqu’ici tout était off.

Le contenu particulièrement dense et les positions trop extrêmes de Zemmour peuvent rapidement décourager

Le début d’émission est vraiment pénible et laborieux, ça se décante un peu sur la dernière tranche avec l’intervention de Tanguy Pastureau, d’Alba Ventura et des différents invités. Le rythme est soutenu mais plutôt bien cadré grâce à un séquençage précis et aux différents dispositifs mis en place.

Le lancement des rubriques est soigné mais le contenu particulièrement dense et les positions trop extrêmes de Zemmour peuvent rapidement décourager.

2/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

La réalisation et le montage sont plutôt bien menés. Le séquençage permet de dynamiser le contenu. Certains procédés sont pertinents, comme la diffusion de certains mots clés sur l’écran. Les magnétos et autres pastilles permettent de donner du souffle à un programme très dense et sont à ce titre bien pensés.

Petit bémol toutefois sur la disposition du plateau qui ne semble pas très optimale. La table est immense est met d’emblée une distance entre les invités et les deux polémistes. De plus, les tonalités froides allant du blanc au noir en passant par le bleu clair renforcent le climat austère et glacial qui règne sur le plateau.

2/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

Cette émission est loin d’être dénuée d’intérêt sur quelques questions de fond. Néanmoins est il encore possible de donner du crédit aux paroles et thèses de Zemmour et Naulleau ? Sont ils garants d’une certaine expertise, autre que celle bien sur, de faire de la polémique un art à part entière ?

Ce duo tonitruant n’en a t’il pas suffisamment fait ? Leurs positions sont connues de tous et qu’on les approuve ou non, on peut se demander l'apport de ces ces interminables débats aux accents cmplusifs et névrotiques.

Par Chloé Pangrazzi
Culture, images et nouveaux médias

Evaluation finale

Les Plus

Certains débats de fond

Anaïs Bouton et ses tentatives d'apaisement

Les Moins

Zemmour, insupportable de violence et de haine

Un concept surchargé

On a pas le temps de réfléchir

 

La note finale
9/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
19/20
Moyenne des 3 note(s) d'internautes
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