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Vice
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Évaluation Vice

“ Comme son nom l'indique ”

Vice est crée en 1994 sous le nom Voice of Montréal  par Shane Smith, Suroosh Alvi et Gavin Mclnnes, trois jeunes canadiens désabusés. A l’origine, le magazine est financé par l’Etat du Québec en tant que programme de réinsertion pour jeunes toxicomanes. Quelques années plus tard, les trois créateurs rompent leur engagement avec l’Etat et décident de rebaptiser leur magazine. C’est la naissance de Vice : un bimensuel international et gratuit.

En 2007, le magazine fait son apparition en France et est distribué dans de nombreux points de vente à l’exception des traditionnelles maisons de presse. Vice surfe sur un marché dit de niche, ciblant un lectorat plutôt marginal, jeune et attiré par la culture underground.

Il est ainsi vendu dans des galeries d’Art, des bars et autres lieux de culture urbaine. Précurseur dans le passage du papier au numérique, opéré dès la fin des années 1990, Vice Média est devenu en quelques années un véritable empire digital. En misant sur la production de contenus marginaux et le storytelling la version numérique de ce gratuit luxueux conserve le même ton sulfureux et décalé.

3/4

Design et esthétique

Qualité du graphisme l Charte graphique l Esthétique des pages l Typographies

Une vitrine arty pour génération 3.0

Vice.com tout comme sa version papier est pensé comme un véritable objet culturel. De la typographie aux visuels très léchés, tout est mis en œuvre pour attirer une faune branchée. L'identité visuelle de Vice est très marquée et n’est pas sans rappeler l’univers de la culture urbaine. Le logo est d’ailleurs calligraphié comme un tag. Une signature reconnaissable qui symbolise l’appartenance à une communauté dans le milieu du street art.

La Home page de Vice : de la photo, des sujets chocs et du trash

Les visuels ont une importance cruciale dans la logique éditoriale de Vice. Ils participent à créer un autre niveau de lecture, un autre mode de narration. Ces éléments visuels sont particulièrement mis en avant sur le site. Il peut s’agir de photographies mais aussi d’illustrations. Dans les deux cas, la même volonté de placer l’impertinence et le subversif au cœur de l’information.

Le design et l’esthétique du site sont en totale cohérence avec le contenu proposé par les équipes rédactionnelles.

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Ergonomie

Fluidité de la navigation l Accès aux contenus l Intuitivité du site l Contenus connexes

Une ergonomie confuse au service des valeurs de Vice ?

On ne va pas se mentir l’ergonomie de vice.com est tout sauf optimale. Ici c’est plutôt la grande pagaille. Un gigantesque capharnaüm où l’information anecdotique côtoie le reportage en terre syrienne. Chez Vice tout est permis et face à ce grand déballage l’internaute n’a plus qu’à partir en quête de la pépite.

Ici c’est plutôt la grande pagaille. Un gigantesque capharnaüm

Comme dans ses friperies branchées où en arpentant les allées poussiéreuses il est possible de dénicher une  bonne affaire. Si cette méthode de classification peut décourager les plus impatients d’entre nous, il ne faut pas oublier que Vice s’adresse à un lectorat très singulier.  

 Le caractère insolite des articles et des angles choisis participe de cette désorganisation apparente. Sur Vice on ne peut pas venir chercher une information précise. On vient plutôt se perdre dans les méandres de ce magazine résolument impertinent. Tout prête à croire que cette confusion manifeste est assumée et revendiquée pour que la version numérique de Vice se feuillette comme un magazine papier.

4/8

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Vice.com est un ovni dans le paysage médiatique. Entre reportages, récits, anecdotes, Vice revendique son caractère sulfureux, sa liberté de ton mais aussi sa vulgarité, sa subjectivité et son cynisme.

Sex, drugs and rock’n’roll: l’ADN de Vice

Vice.com n’est pas un magazine d’information traditionnel. L’anecdotique et l’insolite constituent les deux caractéristiques majeures de cette plateforme. Les sujets traités et les angles choisis sont volontairement sulfureux. Plus c’est morbide, glauque, tendancieux mieux c’est.

Extrait d'un article sur le rapport des jeunes aux drogues

Symbole de l’irrévérence un peu crasse vice.com pourrait être le strip tease numérique. Comme si tout ce qu’il y avait de paumé, drogué et fauché se retrouvait un jour ou l’autre à écrire pour Vice.

Journalisme Gonzo et storytelling

Le journalisme Gonzo est une des particularités de Vice. Il préconise l’ultra subjectivité plutôt que la neutralité et la distance critique - comme l’exige habituellement la déontologie  journalistique - les collaborateurs de Vice.com sont invités à utiliser sans modération le « je ».

Il préconise l’ultra subjectivité plutôt que la neutralité et la distance critique

Cette méthode a été démocratisée par Hunter S. Thompson alors qu’il écrivait sur les Hells Angels. Après avoir adopté leur mode de vie durant plusieurs mois, il livre un reportage emprunt de réalité. Plus proche du récit que de l’article informatif, ce procédé fait l’unanimité chez Vice.

Le storytelling est vraiment la marque de fabrique de cette plateforme. Les auteurs collaborateurs racontent leurs déboires amoureux, leurs manières de gérer une situation de dépendance, leur vision de la société le tout dans un langage brutal, lapidaire et plutôt cru.

Impertinence ou superficialité ?

Lorsque que l’on parcourt cette plateforme certains titres nous laissent perplexes : «  l’histoire du sexagénaire français qui trompe sa femme a tour de bras en Ukraine », «  Que faut il faire pour se faire bannir à vie d’un bar ? » ou encore « J’ai porté un borsalino pendant une semaine et ça m’a pourri la vie » entre autres. 

A la lecture de ces articles on se demande le bien fondé de ce choix éditorial. Les articles proposés sur Vice sont particulièrement longs et manquent parfois de profondeur. Si les équipes rédactionnelles disent proposer un éclairage original sur des sujets de sociétés, force est de constater que parfois l’on tombe tout simplement dans la superficialité et le sensationnalisme.

3/4

Contenus multimédias

Qualité des photos l Illustrations l Infographies l Animations l Vidéos

Vice Média est un des plus féroces médias américains. Grâce à son développement numérique, cette société est devenue en l’espace de dix ans un véritable empire du contenu online. On compte pas loin d’une quinzaine de chaînes consacrées à la diffusion de contenus vidéos.

Chacune ayant une spécialité définie : Motherboard s’intéresse aux nouvelles technologies, Fightland aux sports de combat, Noisey aux découvertes musicales, Munchies est consacré à l’art culinaire, Vice News à la géopolitique etc.

En misant sur des sujets chocs et une production ultra léchée, Vice a su conquérir un large  public.

Les reportages proposés par Vice sont très qualitatifs. Ainsi on a pu voir des documentaires ambitieux sur l’Ira, l’homophobie en Russie, les conflits en Ukraine etc. Mais celui qui aura fait le plus parler de lui c’est ce reportage de trois semaines, tourné en 2014 dans une cellule djihadiste. En quelques semaines, la vidéo a été visionnée plus de trois millions de fois.

En misant sur des sujets chocs et une production ultra léchée, Vice a su conquérir un large  public. Aujourd’hui valorisé à plus de quatre milliards de dollars, la société éditrice compte Disney et Ruppert Murdoch parmi ses actionnaires.

Bilan

Le projet éditorial de Vice est totalement original et novateur. Le tour de force de ses fondateurs est d’avoir considéré que la plupart des sujets de société pouvait avoir une résonnance universelle dans l’esprit de son public cible : les 18/34 ans. Qu’un récit sur la dépendance ou sur la culture de la fête pouvait tout autant toucher un jeune américain qu’un trentenaire français.

Dans cette logique la mise en place d’une plateforme internationale semblait évidente. Mais pour Stan Smith si Vice connaît un tel succès c’est avant tout parce que ses concurrents « font des trucs merdiques ». On reconnaît bien la l’essence impertinente de ce média qui n’a peur de rien.

Par Chloé Pangrazzi
Culture, images et nouveaux médias

Evaluation finale

Les Plus

Des reportages pointus

Une réalisation léchée

Un design abouti

Les Moins

Une véritable confusion

Aucune hiérarchie de l'info

Un manque de rigueur objective

La note finale
12/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
14/20
Moyenne des 3 note(s) d'internautes
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