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Top Chef
M6

 

Téléréalité culinaire

 

20h50 tous les mercredis sur M6



Évaluation Top Chef

“ La Cuisine certes mais surtout le Stress ”

La télévision française et les programmes culinaires, c’est une histoire d’amour qui remonte au milieu des années 50. Principalement tournées vers l’apprentissage et la mise en avant des produits du terroir, ces émissions bon enfant ont progressivement été grignotées par des jeux-concours, aux forts relents de téléréalité, depuis une décennie, à l’image de Top Chef.

M6 n’a d’ailleurs pas révolutionné le genre en 2010, en adaptant clé en main un concept américain créé en 2006. Avec des audiences moyennes autour de 3 millions, et un record de 5,2 millions pour la finale de 2012, le programme a toujours fait figure de référence au côté de MasterChef (TF1).

Le meilleur pâtissier (M6), Cauchemar en cuisine (Paris Première), la meilleure boulangerie de France (M6), un Dîner presque parfait (W9), Norbert commis d’office (M6)... aujourd’hui les déclinaisons ne manquent pas, et les cuisiniers, qu’ils soient professionnels ou amateurs, n’ont que l’embarras du choix. Un éparpillement des candidats et du public qui contraint ce type d’émission à revoir leur copie.

Le choc des brigades

Après avoir réalisé la plus mauvaise saison de son histoire l’an passé, Top chef est ainsi de retour depuis le 25 janvier 2017 avec deux changements notables: une diffusion le mercredi (au lieu du lundi), et une formule empruntée à The Voice, dans laquelle les chefs eux-mêmes ont sélectionné leur équipe dès le premier épisode. Mais si  “Le choc des brigades” a bien titillé la curiosité des téléspectateurs en janvier, le soufflet est redescendu depuis...

2/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

Stéphane Rotenberg: le fantôme des cuisines

En duo avec Sandrine Corman et Agathe Lecaron lors des premières saisons, Stéphane Rotenberg est seul à la présentation de Top Chef depuis 2012. Journaliste de presse écrite à ses débuts, puis rédacteur en chef adjoint de Turbo (1995/1997), rédacteur en chef des magazines de France 2, et producteur (Montagne rouge), il multiplie depuis 2003 la présentation des émissions de téléréalité de M6 et de W9, du Bachelor à Pékin Express… pour ne citer que les "meilleures".

Trop peu pour se faire entendre au milieu d’une brigade de cuisine en ébullition

D’un naturel assez effacé, au ton monocorde et au discours calibré, Stéphane Rotenberg n’a jamais été la star de ses programmes. Au sein de Top Chef, comme ailleurs, son rôle et ses interventions sont souvent limités au lancement des rubriques et à la proclamation des résultats. Peu adepte des prises de position et allergique à la moindre improvisation, le présentateur ne s’éloigne jamais de sa feuille de route, et rend la plupart du temps une copie des plus lisses. Trop peu pour se faire entendre au milieu d’une brigade de cuisine en ébullition.

Des chefs qui ne sont pas dans leur assiette

La véritable présentation du programme (en temps de parole en tout cas), revient aux quatre chefs, qui endossent tour à tour le rôle d’animateur, de coach, et de jury.

Derrière le dynamique Philippe Etchebest, dont les gesticulations et les fausses colères qui en agacent plus d’un, apporte tout de même vitalité et bonne humeur, Michel Sarran, Hélène Darroze et Jean-François Piège, ne sont guère dans leur élément.

Face caméra lors des interviews, leurs états d’âmes tournent à la récitation

Jamais avides de bons conseils pour les candidats, comme pour les amateurs derrière leurs postes, toujours professionnels dans leurs jugements et dans leurs argumentations, les Chefs font prévaloir leur expérience en matière de cuisine, c’est indéniable. Mais les contraintes imposées par l’exercice télévisuel restent des épreuves délicates pour ces artistes de la casserole.

Face caméra lors des interviews, leurs états d’âmes tournent à la récitation. La patte de la production n’est jamais bien loin, et leurs commentaires semblent plus être scénarisés qu’improvisés. A leur décharge, d’autres sommités excepté Cyril Lignac (saisons 1 à 5) n’ont guère fait mieux avant eux: Ghislaine Arabian ou Thierry Marx (saisons 1 à 5).

4/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Depuis huit saisons, l’objectif  de Top Chef n’a pas changé, et l’émission permet à des candidats (professionnels ou espoirs de la cuisine) de remporter un joli chèque à l’issue du concours. Fixée à 100 000 euros pour le vainqueur jusqu’en 2005, la cagnotte est désormais calculée au prorata du pourcentage de votes obtenus en finale.

Passés de 15 à 12 au fil des saisons, les cuisiniers s’affrontent lors de différentes épreuves, en équipes ou en individuels, et chaque épisode et synonyme de départ pour l’un d’eux.

Les épreuves

Fil rouge du programme, les épreuves représentent évidemment l’essentiel du contenu de Top Chef. Elles sont proposées dans un ordre tout fait aléatoire, et sont annoncées au dernier moment aux candidats. On y retrouve quelques grands classiques comme la réinterprétation libre d’une recette populaire (le cœur coulant au chocolat, le poulet pomme de terre), ou  le trompe-l’œil.

Mais également plus originales comme la boîte noire, proposée par Jean-François Piège cette saison (réaliser entièrement un plat après l’avoir goûté dans l’obscurité), et la dernière chance, qui évince un candidat par semaine (confectionné un plat craquant en une heure, rendre gastronomique le poisson pané, etc.)

A noter que certaines épreuves sont délocalisées dans l’établissement d’un chef renommé: à Saint-Tropez chez le plus jeune chef 3 étoiles Arnaud Donckele, chez Georges Blanc, ou encore Cédric Grolet (meilleur chef pâtissier 2015 et 2016) pour cette saison.

Les plats

Il faut le reconnaître, Top Chef ne fait pas dans la facilité, et le niveau technique exigé n’est pas accessible aux amateurs. Qu’il s’agisse d’inventer un plat de pâtes… sans pâtes, un plat ou un dessert associant la tomate et le fruit, de desserts à l’apparence de fruit, ou de sublimer les produits de la mer et maîtriser à la perfection la cuisson de toutes les viandes, la barre est placée haute!

Autant de richesses culinaires qui ouvrent l'appétit et provoquent la curiosité, bien plus finalement que le concours en lui-même.

Les candidats

Tous ont un point commun: il excelle en cuisine. L’un est chef de partie dans un restaurant deux étoiles, l’autre est chef une étoile, ou encore champion du monde Traiteur 2005. De quoi promettre une belle compétition entre ces candidats qui ont déjà  brillamment passé les castings français et belges avant de s’affronter sur le plateau. Aucun doute sur les compétences donc, un peu plus sur leurs motivations toutefois.

Beaucoup profitent de cette mise en lumière pour frapper les esprits, au détriment de leurs réelles qualités

Si chacun est présent pour décrocher le Graal, beaucoup profitent de cette mise en lumière pour frapper les esprits, au détriment de leurs réelles qualités. Un orgueil démesuré, une confiance en soi souvent mal placée, coupes de cheveux dans le vent, tatouages apparents, et vocabulaire approximatif: bienvenu dans les Anges de la cuisine-réalité!

1/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

Dès le générique, vous n’échappez pas aux codes du genre. Une interminable séquence de plus de 4 minutes, durant laquelle le teasing de la saison complète et ses fondus enchaînés à vous donner le tournis, laisse place à la présentation caricaturale des candidats façon “Melrose Place”. Un avant-goût du montage qui vous attend, omniprésent, anxiogène et malhonnête.

Si la manipulation des produits et la préparation des plats sont relativement bien mises en valeur, l’abus d’extraits musicaux et d’ambiances sonores nuit sérieusement à la réalisation de l’émission. Le rythme est insoutenable, tout comme les commentaires en voix off, les fausses confidences en interview, et le suspens pathétique invariablement coupé, puis entretenu, par les coupures publicitaires.

Le plateau de l'émission en plan large

Certains anciens candidats, sans doute  aussi déçus par leur élimination, ont d’ailleurs révélé dernièrement les à côtés de l’émission: des interviews enregistrées à 6h du matin trois jours après les faits, des gestes à refaire pour les besoins du montage alors qu’ils sont en pleine épreuve, des plats servis froids au jury...

2/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

Jérémie Fazel, directeur de Studio 89 qui produit Top Chef, expliquait récemment dans Lemedia+ que pour doper l’audience, “La recette est de travailler constamment la formule, la dramaturgie et la narration”. Et la cuisine dans tout ça? Les quelque 100 000 téléspectateurs qui abandonnent le programme à chaque épisode depuis le lancement de la saison 8, auraient sans doute aimé en voir un peu plus.

On finirait par croire grâce à Top Chef que la cuisine n’est rien d’autre qu’une course contre la montre, dénuée de plaisir

Lassé par le stress communicatif, dont jouent et surjouent les candidats, on finirait par croire grâce à Top Chef que la cuisine n’est rien d’autre qu’une course contre la montre, dénuée de plaisir.

Tous les ingrédients étaient pourtant réunis au départ pour parvenir à un résultat bien plus homogène et qualitatif. Mais quand l’appât du gain devient une motivation autant partagée par la production que par les candidats, la sauce ne prend plus.

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique

Evaluation finale

Les Plus

Les petits conseils aux cuisiniers amateurs

L’expertise des Chefs

Les Moins

Trop de mise en scène

Pas assez de cuisine

Des candidats trop exubérants

La note finale
9/20
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