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The game of Love
NRJ 12

 

18h15 du lundi au vendredi

 

Télé-réalité bon marché



Évaluation The game of Love

“ Le vent l'emportera, tout disparaitra ”

Lancé le 2 janvier 2017 sur NRJ 12, The game of love ne cachait pas sa prétention de “révolutionner” la téléréalité. Produit par Freemantlemédia (Nouvelle star, La France a un incroyable talent, Question pour un champion, Le juste prix, L’amour est dans le pré), qui se risquait pour la première fois dans ce type de programme, l’émission devait permettre également de meubler l’antenne avant l’arrivée de la nouvelle saison des Anges de la téléréalité.

Mais face à une forte concurrence (La villa des cœurs brisés sur NT1, Les princes de l’amour sur W9), The game of love n’a jamais trouvé sa place, ni son public, jusqu’à l’ultime épisode de la première saison, le 3 février.

1/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

Annoncé comme un cocktail de surprises, de jalousies, de vengeances, de rivalités et de scènes torrides, The game of love s’est rapidement révélé être une énième déclinaison du genre, importé en France par Secret Story dans les années 2000.

L’illusion d’un jeu de poker menteur, dans lequel quatre couples mélangés à six célibataires avaient pour but de cacher leurs relations durant un mois, n’a dupé personne. Tout comme les candidats, censés n’avoir jamais participé à ce type d’émission, et dont les antécédents ont vite été démasqués par les internautes.

Grossièrement inspiré de l’Ile de la tentation, le programme n’avait finalement d’intérêt que pour eux, avec 50 000 euros à se partager pour les vainqueurs.

Mais que diable est-elle venue faire dans cette galère? Salomé Lagresle, aperçue dans les coulisses de The Voice, animatrice sur D17, mais surtout plus à l’aise dans l’univers des jeux vidéo que dans le rôle d’une nourrice pour post adolescent en mal de reconnaissance médiatique, a été parachutée aux commandes de The game of love à sa plus grande surprise.

L'animatrice et ls candidats réunis pour la photo de famille

Convaincue que l’aventure était de nature à booster sa carrière, elle n’a pas hésité à défendre la philosophie même du programme, dont elle est finalement l’une des premières victimes.

Une présentation statique et robotisée

Cantonnée dans le costume du grand gourou de la cérémonie, comme le fut Céline Géraud dans l’Ile de la tentation, Salomé Lagresle est aussi transparente que les eaux du Mexique, où le tournage a eu lieu.

Ses interventions, sans aucun relief, robotisées, s’apparentent plus à un défilé de mode statique

Ses interventions, sans aucun relief, robotisées, s’apparentent plus à un défilé de mode statique qu’à une réelle présentation d’émission. A sa décharge, difficile d’être originale dans un tel contexte, d’autant que la production lui avait sans doute bien mâché le travail…

Le montage totalement anarchique des épisodes ne lui offre que quelques bribes d’apparition, à l’occasion de cette fameuse cérémonie, que vous ne verrez jamais dans son intégralité. En boucle, on entend ainsi la présentatrice poser les mêmes questions durant un mois (Êtes-vous célibataire ou en couple?). Point final.

On ne saura jamais si d’autres échanges plus constructifs ont eu lieu au cours de cette émission.

1/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Un générique interminable

Pour accéder à la villa et aux plages paradisiaques de Tulum, il vous faudra être très patient, et franchir d’abord le générique, premier obstacle d’une longue série d’agressions visuelles et sonores. Tout simplement interminable, ce dernier dépasse les 2 minutes 30, et rassemble un florilège d’extraits puisés dans l’intégralité de la saison.

Bande annonce du jeu de télé-réalité

En résumé, dès le premier épisode, vous pouvez en tendant l’oreille entrevoir l’issue… du quarantième. Ajoutez à cela la présentation des candidats et le résumé de l’épisode précédent, et vous franchissez allègrement les 4 minutes!

Un scénario illisible

C’est le principe même de la téléréalité: parvenir à vous faire avaler un contenu indigeste à grands renforts de faux suspens et d’improbables tragédies. Et dans ce domaine, The game of love frôle l’excellence.

L’intrigue qui, rappelons-le, consiste pour les candidats à cacher le plus longtemps possible leur statut de couple, n’est évidemment qu’un prétexte. Le programme fini tellement par s’en éloigner, que le scénario de chaque épisode en devient illisible.

La mise en scène de l'amour et de la séduction atteint des sommets dans le kitsch

Livrés à eux-mêmes, les candidats tentent bien de multiplier les petits jeux pour découvrir la vérité, forment des alliances, et échanges leurs confidences en cachette… sous l’oeil des centaines de caméras et de micros qui les entourent.

Certains quittent le programme, ou se font évincer, avant de réapparaître quelques jours plus tard, sans explication. Aux histoires d’amour éphémères succèdent les déferlements de haine, à la vitesse de la lumière, dans l’incohérence la plus vertigineuse.

Aux histoires d’amour éphémères succèdent les déferlements de haine, à la vitesse de la lumière

Le doute saisit les couples et décuple l’appétit des célibataires. Certains rient, d’autres pleurent (beaucoup!), on finit par ne plus rien comprendre à ce film qui n’a rien d’un jeu, et qui ressemble plus à la parodie du pire soap de tous les temps, qu’à un programme de divertissement.

Des candidats qui faussent le jeu

Sous le soleil du Mexique, un pays où de toute évidence une paire de tongs, un bikini et des lunettes de soleil sont les seuls accessoires vestimentaires autorisés, il ne peut guère être question d’amitié, de fidélité ou de sincérité. Pour les couples et les célibataires présents dans l’émission, l’appât du gain et la perspective d’une fenêtre médiatique restent évidemment les seules et uniques motivations.

Dès lors, la donne est faussée par ces “pros” de la  télé-réalité, dont l’objectif est avant tout d’attirer l’attention. Exhibitions de corps, de muscles, de tatouages, vocabulaire le plus aléatoire possible… la formule a fait ses preuves. Ici, comme ailleurs, les candidats sont des acteurs.

1/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

C’est le nerf de la guerre: une réalisation léchée et esthétique, certes, qui permet notamment d’apprécier les beaux paysages de la côte mexicaine... anéantie par un montage qui symbolise à lui seul la pauvreté du programme.

L’objectif est de noyer le fond sous la forme pour s’adapter aux codes de la cible et combler le vide

Dans The Game of love, l’objectif principal est bien de noyer le fond, sous la forme, pour s’adapter aux codes de la jeunesse et combler le vide. Une simple expression qui dérape, un regard de travers ou une larme qui coule, seront  ainsi exploités à l’infini: zoomés, mises en musique, au ralenti, en noir et blanc, et surtout, répétés en boucle jusqu’à l’outrance d’un épisode à l’autre.

Pour toucher sa cible, la production n’hésite pas également à largement arroser le programme avec une play liste la plus actuelle possible.

1/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

Déconseillé aux moins de 10 ans, The game of love pourrait largement être sanctionné par une interdiction aux moins de 16 ans. Le message véhiculé à longueur d’épisodes est en effet de nature à porter préjudice à la découverte et à l‘appréciation des relations amoureuses, voire humaines en général, chez les jeunes adultes.

“Le mensonge est un art” prévenait le teasing de l’émission. A l’attention de celles ou ceux qui seraient tentés par cette bouillie d’inculture, de voyeurisme et de vulgarité, on pourrait sans difficulté retourner cette citation contre Freemantle. Car dans The game of love, ils ne trouveront aucune trace de jeu, ni d’amour.

Souhaitons que les audiences catastrophiques (les rediffusions prévues en matinée dès février sont d’ores et déjà déprogrammées par NRJ12) condamnent dès à présent l’éventualité d’une seconde saison.

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique

Evaluation finale

Les Plus

Les paysages du Mexique

Les Moins

Le contenu scénarisé

Les faux candidats

Les messages véhiculés

Le montage en trompe-l’œil.

La note finale
4/20
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