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Stade 2
France 2

Magazine sportif

 

Chaque dimanche depuis 1975



Évaluation Stade 2

“ Dans le sillage de Robert Chapatte ”

Quarante-et-un ans à l’antenne, sans interruption, qui dit mieux? Pas grand monde, mis à part une poignée d’institutions cathodiques comme Le jour du seigneur ou Thalassa. C’est pour dire si derrière Stade 2 se cache l’une des plus longues histoires du PAF. L’une des plus belles aussi, débutée le 28 décembre 1975, au carrefour du sacre de Bernard Thévenet sur le Tour de France, et du glorieux parcours des Verts en coupe d’Europe.

Chapatte, Couderc et Roland: les pionniers

Stade 2, c’est d’abord un trio formé par Robert Chapatte, Roger Couderc et Thierry Roland, sur lequel sont venus se greffer des chroniqueurs sportifs spécialisés. Une petite révolution pour l’époque.

Autour de la table tous les dimanches en fin d’après-midi, cette bande de joyeux drilles a rapidement transformé le premier magazine sportif du service public, en café des sports. On raconte même que l’émission était préparée... au restaurant.

The Robert Chapatte pour la première version de l'émission

Tous ont un point commun, celui d’être des journalistes incollables, qui ne se prennent pas au sérieux. C’est la recette du succès de Stade 2, qui va traverser les décennies en tâchant de conserver cet état d’esprit.

Dans les années 70-80, le tour d’horizon complet des résultats du week-end est un rendez-vous incontournable notamment pour tous les amateurs de sports (Ils représentent près d’un tiers de l’émission!). Sans lui, il vous faut patienter jusqu’à la sortie en kiosque de votre quotidien, le  lundi.

“Stade 2, c’était la messe des sportifs” confie aujourd’hui Lionel Chamoulaud. C’est peut-être ici que le bât blesse, car dans les années 90 et 2000, la donne change considérablement: les résultats sont accessibles sur le net et sur les réseaux sociaux, et disparaissent progressivement de l’émission. Du coup, beaucoup de “petits” sports ne se sentent plus représentés, et les audiences s’en ressentent.

3/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

Dans ce contexte, Céline Géraud débarque à la présentation du magazine en 2013, avec différentes responsabilités sur les épaules: celle de s’imposer comme “la première dame” des sports (aucune femme n’avait foulé le plateau de Stade 2 avant elle), de redonner de la visibilité au programme et de prendre la suite d’illustres prédécesseurs.

Tous, à leur manière, ont marqué leur passage dans l’émission: Robert Chapatte de 1975 à 1985, Gérard Holtz de 1985 à 1992 et de 2005 à 2008, Patrick Chêne de 1992 à 1995,  Christian Prudhomme de 2000 à 2003, Laurent Luyat et François Brabant de 2003 à 2005, et Lionel Chamoulaud de 2008 à 2012.

La tentation Céline Géraud

Championne de France et d’Europe en 1984 et vice-championne du monde en 1986, l’ex-judokate a quitté les tatamis pour devenir journaliste sportif en 1993. D’abord pigiste/reporter (notamment pour Stade 2), elle fait ses armes à la présentation de Tout le sport en 1998, avant de se perdre dans L’île de la tentation sur TF1 entre 2005 et 2008. De retour aux affaires sportives, on la retrouve successivement entre 2008 et 2012 dans Automoto, Moto Critiques, puis sur Orange Sport.

Agréable et visiblement détendue (en tout cas à l’antenne), Céline Géraud réussi bon an mal an à imposer un style plus participatif que directif. On ferme les yeux sur ses hésitations et quelques erreurs de jeunesse, tant la journaliste prend à cœur sa mission en restant imperméable aux critiques.

Céline Géraud réussi bon an mal an à imposer un style plus participatif que directif

Comme cela a toujours été le cas, les invités sont choyés sur le plateau de Stade 2. Ils ont tout le loisir de s’exprimer, et sont rarement poussés dans leurs retranchements. La parole leur appartient, mais sert trop souvent de tribune à leurs discours stéréotypés et convenus. Peu de révélations, peu de clashs aussi, comme si, pour une fois, la présence d’une femme inhibait les ardeurs…

On ne retrouve plus le grain de folie qui entourait l’émission jadis. Il faut dire que les temps ont bien changé, et les comptes-rendus extravagants du championnat de “Barre à roues” de Daniel Cazal (un sport sorti de son imagination) n’ont  plus leur place sur le service public.

5/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Céline Géraud en avait bien conscience à son arrivée: scruté sur la forme, Stade 2 est encore plus attendu sur le fond, dans un créneau horaire sinistré face à une concurrence monumentale: “‘C’était un gros chantier, il fallait attirer d’autres personnes que les fondus de sports, inviter un people et un sportif, faire des sujets sur la zumba” justifie avec lucidité l’animatrice.

Le plateau de Stade 2 pendant la diffusion d'un reportage

Beaucoup de Foot et de Rugby... mais pas que

Stade 2 va donc se démultiplier pour s’adapter à la demande. Dans les faits pourtant, c’est le football et le rugby qui retrouvent une obsédante omniprésence, au détriment là encore des millions de licenciés des autres disciplines pratiquées en France.

On y traite autant l’actualité brûlante que les dossiers complexes, avec la même expertise professionnelle

Pour autant, la capacité des équipes à mettre les pieds sur le terrain n’est pas à remettre en cause. Stade 2 n’hésite pas en effet à s’exporter lors des grands événements comme le Tour de France, Roland Garros ou les Jeux olympiques. En plateau comme à l’extérieur, l’émission est rythmée par de nombreuses interviews et reportages, les invités ne manquent pas à l’appel, et on y traite autant l’actualité brûlante que les dossiers complexes, avec la même expertise professionnelle.

Des générations de chroniqueurs talentueux

A l’image de ceux qui en ont construit la légende (Jean-Paul Ollivier, Roger Zabel, Didier Roustan, Pierre Salviac, Pierre Fulla, Jean-Louis Calmejane, etc.), Stade 2 peut s’appuyer sur ses experts pour apporter une réelle valeur ajoutée à ses sujets.

Ils se nomment aujourd’hui Alexandre Boyon (natation), Patrick Montel (athlétisme), Matthieu Lartot (rugby), ou encore Nelson Monfort (patinage artistique), Kader Boudaoud (football), et Thierry Adam (cyclisme). La liste est longue (Stade 2 possède plus d’une vingtaine de chroniqueurs), autant que celles des enquêtes approfondies qui enrichissent les 70 minutes d’émission.

La jeune et talentueuse Clémentine Sarlat au Rugby

Ces dernières années, Stade 2 a notamment marqué les esprits en s’attaquant au fléau du dopage sous  toutes ses formes avec des documentaires particulièrement révélateurs: “Rugby: l’enfer du décor”, “Le dopage mécanique dans le vélo” en 2016, et “Les Springboks de 1995” en 2014.

2/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

Reconnaissable entre tous, le générique de Stade 2 est un trophée à lui tout seul.

Discrètement remis au goût du jour au fil des époques, il a toujours gardé l’essentiel: le bruit d’un chronomètre qui égraine le temps, sur une mosaïque d’images de sportifs anonymes en mouvement. C’est simple, et diablement efficace.

L’excellent travail effectué sur les reportages est quelques fois terni par des transitions chaotiques ou des magnétos qui patinent

Le direct et la présence du public sont deux autres constantes du magazine, avec ses avantages et ses inconvénients. La réalisation est plus vivante, mais la présentation moins audible par moments. L’excellent travail effectué sur les reportages (toujours parfaitement illustrés par des commentaires pédagogiques et des extraits sonores judicieux), est ainsi terni quelques fois par des transitions chaotiques ou des magnétos qui patinent.

3/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

Personne ne boude son plaisir à faire partie des convives de la grande table de Stade 2. Un certain esprit de famille y plane depuis si longtemps. Les années ont passé, emportant avec elles les présentateurs, les chroniqueurs, et l’insouciance maîtrisée dont ils avaient le secret.

L’investigation est également une voie salvatrice qui donne un ton plus moderne au magazine

Mais jusqu’ici, Stade 2 est souvent parvenu à s’adapter à son époque, en tendant vers un contenu encore plus qualitatif, et extra sportif. On découvre enfin l’homme derrière l’athlète. A l’heure où le résultat brut n’est plus une garantie d’audience, l’investigation est également une voie salvatrice qui donne un ton plus moderne au magazine.

Reportage sur le dopage mécanique en vélo

Le téléspectateur (déjà perturbé par un changement d’horaire aussi incompréhensible que dangereux), n’a que faire des états d’âme d’un people en promo, et préférerait sans doute voir d’avantage d’images et des sports différents. Stade 2 aurait ainsi tout à gagner à ne plus mélanger les genres.

La nouvelle formule (encore une) est attendue pour début 2017. Si les constats et les pistes de réflexion ne manquent pas (on parle d’un retour à 17h30), encore faut-il que le service des sports de France Télévisions affiche clairement sa volonté de redonner un véritable souffle à son emblématique émission. C’est une autre histoire.

Pour aller plus loin...

A lire: Stade 2 40 ans d’émotions de Lionel Chamoulaud et Bruno Godard (Solar Editions).
A voir: http://pluzz.francetv.fr/videos/stade_2.html

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique

Evaluation finale

Les Plus

les enquêtes approfondies
Les images de qualité
L’ambiance

Les Moins

L’horaire
L’absence de multisports.

La note finale
13/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
14/20
Moyenne des 3 note(s) d'internautes
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