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On aura tout vu
France Inter

 

Au coeur du cinéma

 

2 passionné(e)s nous éclairent

 



Évaluation On aura tout vu

“ L'exigence et l'expertise au service des cinéphiles ”

On aura tout vu est une émission dédiée au septième art. Produite et présentée par Christine Masson et Laurent Delmas, elle est diffusée sur France Inter le samedi matin de 10h10 à 11h. A l’heure où la presse spécialisée (tous supports confondus) peine à s’affranchir des logiques promotionnelles imposées par les productions, On aura tout vu fait figure de résistante...

5/6

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

L’émission est co animée par Christine Masson et Laurent Delmas. Deux journalistes et cinéphiles avertis qui ont su imposer leur vision d’une émission culturelle.

Les voix 

France Inter est une station réputée pour la qualité éditoriale de ses émissions mais également pour ses signatures vocales. De sa voix éraillée, Christine Masson dévoile avec charme son autorité naturelle. Laurent Delmas, quant à lui, allie  bienveillance et posture critique dans des tonalités graves et épaisses.  Le débit est lent, les voix basses mais affirmées. Une émission tout en pondération et en nuance qui s’écrit et se dit comme une conversation intime.

Une émission tout en pondération et en nuance qui s’écrit et se dit comme une conversation intime

Un duo complice et complémentaire

Christine Masson et Laurent Delmas sont avant tout des cinéphiles convaincus. Convaincants aussi, ils partagent leur amour du septième art avec passion et complicité depuis de nombreuses années.

 Christine Masson a longtemps été animatrice et chroniqueuse cinéma pour diverses émissions radiophoniques et télévisées (Tam Tam, En Apparté) Elle a couvert tous ce que le cinéma compte de festivals de premier ordre (Cannes, Berlin, Venise)  avant de produire ses propres émissions.

Laurent Delmas, quand à lui, a fondé et dirigé le magazine Synopsis consacré à l’écriture scénaristique, il est également l’auteur de nombreux ouvrages et producteur de séries documentaires dédiées au cinéma européen.

Enregistrement tout en sourire à la maison de la radio

Ces deux passionnés forme un duo intéressant et complémentaire. Christine Masson, aux allures de maitresse de cérémonie, présente le sommaire de l’émission et les invités. C’est elle qui pose les questions, pitch les films, annonce les extraits et la pause musicale. L'animatrice se montre très attentive et parvient à créer une atmosphère propice à la discussion.  Toujours bienveillante, elle laisse le temps aux invités de s’exprimer sans jamais les interrompre.

Elle invite au dialogue et crée du lien entre les différents intervenants. Cette interaction entre les invités permet la confrontation de différentes visions sur un même sujet. Elle s'extirpe de la simple logique promotionnelle selon laquelle chacun doit attendre son tour pour défendre son œuvre.

Elle s'extirpe de la simple logique promotionnelle selon laquelle chacun doit attendre son tour pour défendre son œuvre.

Laurent Delmas, lui, tient son rôle de critique et on le sent un peu moins à l’aise dans l’exercice de l’interview. Effacé en première partie de l’émission, il devient incisif dans la deuxième consacrée à la critique des sorties de la semaine. S’il sait se montrer acerbe, il réussit le plus souvent à pondérer ses propos pour ouvrir la discussion à d’autres pistes de réflexion et d’analyse.

Bien que complémentaires dans leurs domaines d’expertise, on peut regretter une certaine forme d’inégalité dans la prise de parole et la conduite de l’émission.

7/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

« C’est Audiard qui l’a dit «  il ne faut pas faire du cinéma français un salon de l’entre soit il s’agit d’emmener du sang neuf, de nouvelles têtes, de nouvelles expériences dans un cinéma français qui en a bien besoin » et ce matin Audiard sera servi » . Ainsi débute l’émission du 8 octobre 2016. Une entrée en matière qui exprime assez clairement la vocation et la tonalité de cette émission.

On aura tout vu revendique son rôle de prescripteur. Christine Masson et Laurent Delmas veulent ouvrirent l’espace d’expression à des films souvent privés de parole. Invisibles dans un paysage médiatique accaparé par quelques élus stars. Jouissant d’une totale indépendance les deux journalistes ont le privilège de pouvoir parler cinéma sans se soumettre aux désisteras de quelques producteurs mastodontes.

Dans on aura tout vu les sujets et le choix des invités ne sont pas forcément dictés par l’agenda culturel. Une liberté qui confère à cette émission une posture singulière.

Liberté de ton et choix éditorial

On aura tout vu semble investie d’une mission : celle de conserver une totale indépendance dans les choix éditoriaux mais aussi une certaine liberté de ton. Les deux journalistes avouent d’ailleurs sans complexe avoir une chance inouïe de n’être soumis à aucune pression. Ils décident de tout : du fond et de la forme. Ils s’autorisent à recevoir des comédiens et réalisateurs de films confidentiels simplement parce qu’ils ont appréciés l’œuvre.

Ils s’autorisent à recevoir des comédiens et réalisateurs de films confidentiels simplement parce qu’ils ont appréciés l’œuvre.

Ainsi Gianfranco Rosi et son film Fuocoammare, Julie Bertucelli avec Dernière nouvelle du cosmos ou encore Karim Didri invité pour Chouf  se sont vus offrir une tribune de choix pour parler de leurs réalisations. Ces films connaissent généralement des succès critiques mais leurs sujets pointus n’en font pas des oeuvres au potentiel « populaire ». On aura tout vu entend inverser la tendance et offrir une vitrine médiatique à ceux qui en sont privés.

Crédibilité et expertise

Même s’ils font preuve de bienveillance à l’égard de leurs invités, les deux journalistes n’en oublient pas la rigueur à laquelle ils sont tenus. Tout en respectant leurs interlocuteurs il n’hésitent pas à soulever des sujets épineux...

La politique migratoire, la prise en charge des personnes autistes ou encore la définition de l’identité française sont autant de questions sociétales qui peuvent être décryptées au cours de ces discussions. Dans on aura tout vu chaque élément qui constitue un film est passé en revue : son sujet, son impact sur la société, sa réalisation, son montage, sa bande son. Les analyses sont complètes et pointues.

La radio publique : valeur refuge pour le cinéma ?

De nombreuses émissions consacrées au cinéma trouvent refuge sur les ondes de la radio publique. Qu’elles soient spécialisées dans les interviews et entretiens de personnalité ou dans la critique, les émissions radiophoniques seraient elles les seules à garantir un espace d’expression ouvert et indépendant ?

Il semblerait en tout cas que les professionnels du cinéma apprécient tout particulièrement ce médium pour venir défendre leur travail. Lorsque la télévision, malgré des émissions de bonnes factures, ne se consacre qu’à de grandes productions, la radio fait parler le cinéma. Tout le cinéma.

De Bergman à Besson - Tous les cinémas sur Inter

Privée d’image elle se consacre aux discours, à la parole de ceux qui peinent à s’imposer sur le devant de la scène. On aura tout vu comme nombres de ses consoeurs prend ce rôle très au sérieux et répand avec passion une certaine idée du cinéma.

3/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des extraits sonores, des transitions l Habillage sonore

Parler de cinéma sans diffuser la moindre image constitue une difficulté majeure pour les émissions de ce genre. Mais les équipes d’On aura tout vu relève le défi avec brio. La réalisation est soignée et le montage très astucieux. L’émission débute avec quelques phrases évoquant l’invité. Il peut s’agir d’un discours (celui de Ken Loach à Cannes par exemple) ou d’un extrait de film. Vient ensuite le générique, habillement monté, qui mélange de nombreuses répliques tirées de films français et étrangers.

Durant les interviews de nombreux extraits de film sont diffusés. Ils permettent de se concentrer sur la musicalité des voix, sur l’univers sonore, sur la pertinence des dialogues. Ce procédé permet de découvrir un film autrement ou d’y percevoir ce qui nous avait échappé.

La réalisation et le montage réussissent à nous transporter au cœur d’un film dont on ne peut pas voir les images.

3/4

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect de l'auditeur

On aura tout vu est une émission de qualité qui ravira surement les cinéphiles de toutes obédiences. La richesse des analyses, la pertinence des débats, l’expertise du duo de journalistes confère à cette émission un statut de référence. Ce n’est pas tant la forme qui fait le charme de cette émission mais bien sa vocation de prescripteur et son indépendance. 

Par Chloé Pangrazzi
Culture, images et nouveaux médias

Evaluation finale

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Les Moins
La note finale
18/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
20/20
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