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La création, symptôme contemporain

Plongée dans l'univers de la création avec Chloé Pangrazzi, jeune scénariste française. Du monde du cinéma à celui de la télévision et jusqu'au web, découvrez les coulisses d'un univers régit par des lois, des règles et des influences souvent méconnues... 

La création, symptôme contemporain


Partie n°2 : Médias et cinéma indépendant (2/2)

Côté cinéma c’est la même chose, on tire les mêmes ficelles, on caste les mêmes têtes d’affiches en misant sur leur capital sympathie et on croise les doigts en espérant que les choses ne changeront jamais.

Problème : cette doctrine ne fait plus recette. C’est la qu’il faut être très prudent et comprendre la différence entre le succès en salle et la rentabilité d’un film. En 2014, Le Supercondriaque de Dany Boon, se hissait en troisième place du box office, une belle performance pour les aventures potaches du sympathique Ch’ti. Mais il atteint difficilement la 16ème place du classement de rentabilité.

Ses cinq millions d’entrées n’ont pas permis d’équilibrer son budget colossal de 32 millions d’euros. Alors oui, c’est vrai, le cinéma indépendant à besoin de ces grosses productions pour exister, c’est la politique de redistribution du CNC qui le dit. Néanmoins,  si les mastodontes ne remplissent plus les caisses, qui va payer l’addition ?

Il faudrait peut être changer de stratégie, repenser le modèle et aller y voir du côté des oubliés.  Donner une chance aux alternatives,  observer ce qu’il se passe en marge et ce dans la presse comme dans le cinéma.

Et les valeurs refuges ?

Si le tableau peut sembler sombre, il reste encore quelques bonnes âmes prêtent à poursuivre l’engagement qui est le leur.  Certains producteurs et distributeurs chevronnés se battent pour faire exister des films ambitieux, certains grands groupes jouent aussi le jeu de la main tendu aux inconnus. C’est rare mais pas inexistant.

Des publications telles que Télérama, Positif ou encore Les Cahiers du Cinéma, ont conservés leur rôle de prescripteur et d’expert dans le domaine culturel. Même si nous aurions tendance à dire que l’effet inverse se produit, un blockbuster, même de qualité ne trouvera généralement pas grâce aux yeux, pointilleux, de ces critiques.

Mais force est de constater qu’ils tentent de proposer avec une rigueur inchangée des critiques, des regards sur le cinéma tout en conservant une certaine indépendance. Mais la presse papier n’est pas la seule  à respecter cet engagement, la radio publique est un médium de plus en plus qualitatif dans le domaine.

Les émissions le masque et la plume ou encore on aura tout vu, sont à ce titre de bons exemples. En combinant critiques et entretiens, ils parviennent à ouvrir quelque peu l’horizon. Sortir des sentiers balisés par la doxa et proposer de nouvelles pistes de réflexion, présenter le travail de jeunes (et moins jeunes) réalisateurs, et auteurs, pour que le cinéma ne soit plus l’affaire de quelques puissants, voilà le pari que ces émissions et / ou publications se sont lancés. 

Il ne faut pas oublier le web, qui par nature permet une plus grande liberté dans le ton, le choix des sujets mais aussi dans le nombre de caractères consacrés à ce sujet.

Les critiques les plus puristes n’accordent généralement pas trop de crédit aux commentaires des ces journalistes improvisés mais le lecteur, le spectateur n’a t’il pas le droit de clarifier, de proposer, de diffuser ses pensées? Quand les producteurs et distributeurs développent des films pour plaire au public et que les critiques écrivent ce que doit ou ne doit pas voir ce même public, la parole de ces anonymes ne serait elle pas salutaire ?

On peut espérer que cette uniformisation du discours ne soit que le fruit d’une mutation culturelle et médiatique qui peine à imposer son cadre. L’avènement de nouvelles formes et supports d’expression dans la presse comme dans le cinéma nous promet il des jours meilleurs ? Affaire à suivre…

Par Chloé Pangrazzi
Culture, images et nouveaux médias