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Marie Drucker


Portrait de Marie Drucker

Ouvrir la biographie de Marie Drucker, c’est pousser la porte de la pièce du fond. Découvrir dans le recoin d’une bâtisse historique, un sanctuaire apaisant. C’est un peu comme si vous étiez forcé de l’écouter, sans la regarder. Oublier cette façade majestueuse, figée dans le temps, dont les ornements sont autant de voiles à lever sur le cœur d’une femme solitaire, qui a construit son indépendance sur les fondations de sa sensibilité.

Comme tant d’autres, Marie a pourtant eu le choix de la facilité. Elle a préféré sauter du train en marche pour trouver la vie qui lui convenait. Loin des autoroutes du destin, elle est partie explorer les sentiers qui mènent à l’autre bout du monde, celui dont les portes ne s’ouvrent qu’aux audacieux et aux méritants. Sur son chemin, elle n’a jamais perdu de vue son objectif: étancher sa soif de curiosité, de reconnaissance, et rendre la confiance qu’on avait placé en elle.

Seule au monde

Seule, Marie Drucker l’est, et l’a toujours souhaitée. Fille unique, et fière de l’être, s’est paradoxalement au sein d’une famille immergée dans l’effervescence médiatique que la petite parisienne a vu le jour le 3 décembre 1974. Fille de Jean Drucker (directeur d’Antenne 2 de 1985 à 1986, fondateur de M6), nièce de l'inoxydable Michel Drucker, et cousine de l’actrice Léa Drucker, Marie n’a pas de paillettes dans les yeux.

Son père lui rêve une carrière d’énarque, comme lui. Elle, n’a de goût que pour l’information, l’histoire, et la découverte des civilisations. Le fruit peut être inconscient de ses racines familiales dispersées, avec du côté paternel un grand-père roumain et une grand-mère autrichienne, polonais et algérienne pour sa mère.

Choyée par des parents qu’elle idolâtre, elle traverse l’enfance en toute discrétion, sans faire de vagues, sans le moindre excès. Elle leur épargnera la rébellion, l’alcool et les mensonges de son âge. Jusqu’à faire l’impasse sur sa propre crise d’adolescence.

Curieuse de nature, loin d’être paresseuse ou hermétique à la connaissance, Marie s’ennuie profondément à l’école. La monotonie de l’Education nationale est simplement une perte de temps pour la jeune fille, qui sèche les cours avec la bénédiction de sa mère pour se consacrer à Lautréamont, Chateaubriand, ou Jonathan Safran Foer.

Ecolière buissonnière solitaire, Marie se forge une éducation littéraire et cinématographique, sous le regard bienveillant de Sean Penn, Christopher Walken et Robert Redford. Convaincus depuis longtemps qu’il faut laisser aux enfants, et surtout à leur fille, une plus grande autonomie, ses parents observent, conseils, surveillent, mais ne se posent jamais en obstacle de ses désirs.

Rosalie, Rosalie, Oh!

Pour ne pas les décevoir, Marie comprend que son parcours scolaire doit être aussi court qu’efficace. Elle met tout en œuvre pour ne pas redoubler, passe son bac A2 au plus vite, et enchaîne une licence de lettres à la Sorbonne. La jeune fille sérieuse n’a pas encore 20 ans, et personne, y compris elle-même, n’explique encore aujourd’hui son apparition en mini-short turquoise... dans un clip du chanteur Carlos en 1993.

Le contraste est saisissant, et peut (avec une bonne dose de recul), prendre des airs de cérémonie initiatique, une sorte de passage à l’âge adulte, version “rosalienne”. Fermons la parenthèse.

Car Marie Drucker n’a bien évidemment rien d’une naïade sans cervelle prête à tout pour faire de la télé. C’est au contraire avec une tête déjà bien pleine qu’elle annonce à son père ses intentions: la télévision, oui, mais comme journaliste reporter d’images et monteuse plutôt. Ce dernier valide, non sans lui donner quelques conseils qui la suivront toute sa carrière: ”Il m’a dit que la télé n’était pas un métier en soi, que ça pouvait s’arrêter du jour au lendemain, et que c’était un métier où les gens ne font pas grand-chose, alors si je travaillais, j’aurais un boulevard. Cette phrase est restée gravée en moi!”.

Après avoir obtenu avec brio son diplôme de journaliste, Marie ne cessera d’appliquer à la lettre cette consigne paternelle.

“J’ai dû travailler davantage pour ne pas qu’on me soupçonne d’être pistonnée”

 

Pigiste au Figaro, pour Questions de femmes, Elle, Réponse à tout ou encore comme permanente de l’agence Capa, elle fait ses premières apparitions à la télé entre 1997 et 1999 (Parole d’expert sur France 3, Rince ta baignoire sur France 2). Elle participe ensuite à la naissance d’I Télé, comme reporter, puis aux commandes de la matinale et du journal de 18h.

L’aventure Canal se poursuit sur la chaîne mère jusqu’en 2005 (La vie en clair, Merci pour l’info, Nous ne sommes pas des anges, le Grand journal), avant de s’installer durablement sur le service public. Comme elle s’en était fait la promesse, Marie besogne dur, très dur:”J’ai dû travailler davantage que les autres au début, pour ne pas qu’on me soupçonne d’être pistonnée, être digne de mes parents, et de la confiance de mes employeurs”.

Présentatrice charismatique de Soir 3, elle devient en 2008 le joker de luxe de Laurent Delahousse et David Pujadas, avant de prendre les rênes des Infiltrés en 2011. C’est indéniable, la journaliste qui renvoi pourtant une image assez froide au premier abord, parvient à briser les codes anxiogènes dont les présentateurs du 20h de France 2 usent et abusent.

Avec elle, l’info se veut plus joyeuse, et son large sourire en témoigne lorsqu’elle reçoit des personnalités du monde de la culture. Elle est dans son élément, seule face aux Français. Une sérénité et un plaisir communicatif qu’elle met en valeur à l’occasion des nombreuses émissions spéciales que lui confie France Télévision: Les victoires de la musique classique de 2007 à 2011, les Molières en 2010, Méditerranée avec Michel Drucker et Un soir pour la terre avec Yann Arthus Bertrand en 2009, ou encore l’actualité des têtes couronnées avec Stéphane Berne.

La télé la radio, les livres…

En marge du petit écran, elle multiplie les supports. On la retrouve notamment sur Europe 1 dans le 18-20 h au côté de Patrick Cohen, puis animatrice des Grandes voix, entre 2008 et 2010. Sur RTL, elle remplace Harry Roselmack dans Le journal inattendu en 2011, et assure Les essentiels en 2012.

Depuis 2010, on retrouve même sa signature dans la presse écrite avec des entretiens pour Gala, Paris Match ou le Figaro. Afin de raconter une histoire amusante aux enfants, et leur faire découvrir l’univers musical des grands compositeurs, elle publie des livres-cd pédagogiques (Les histoires musicales imaginaires de Marie Drucker) consacrés à Joseph Haydn et Maurice Ravel en 2010 et 2011.

Avec le philosophe et romancier Frédéric Lenoir, elle publie aussi Dieu, et s’interroge sur la foi, en 2011. Enfin, en octobre 2016, elle coécrit Maman, pour le meilleur et pour le reste, avec la journaliste Sidonie Bonnec Un livre destiné aux jeunes et  futures mamans…

Vivre heureuse, vivre cachée

Car entre-temps, Marie et son compagnon Mathias Vicherat, ont donné naissance en 2015 au petit Jean (en mémoire de son père décédé en 2003). Elle qui a toujours œuvré pour rester dans l’ombre et préserver sa vie privée, s’est souvent retrouvée malgré-elle sous les flashes de la presse à scandale. Ses liaisons successives avec Marc Levy, Gad Elmaleh, Cyril Lignac, son mariage avorté avec Matthieu Pigasse, ou la révélation de sa relation avec François Baroin (suite à laquelle elle décidera de mettre en parenthèse la présentation de Soir 3), l’ont finalement conforté dans sa volonté de vivre cachée, mais de vivre pleinement.

Devenir mère au moment où elle le souhaitait, et sans doute la meilleure preuve d’indépendance que Marie pouvait renvoyer à la face du monde. Là encore, un hommage au père disparu qui, selon elle, lui a transmis l’élan de vie pour lui survivre.

Un virage dans sa vie personnelle, qui s’accompagne d’une autre décision tout aussi radicale en 2016: on ne retrouvera plus le sourire et l’aplomb de la journaliste à la présentation de l’information, elle préfère désormais se recentrer sur son premier métier de reporter. La diffusion de son documentaire Détenues dans Infrarouge devrait ainsi être le premier exemple d’une longue série.

Il illustre autant son engagement pour la cause féminine, que la vision d’une femme libre et épanouie. Car oui, Marie a pris le temps qu’il fallait pour être heureuse sur le terrain comme à la maison, et personne ne lui enlèvera ça.

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique