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Les cahiers du cinéma
Les Cahiers du cinéma



Évaluation Les cahiers du cinéma

“ L'excellence cinématographique un chouia snob ”

C’est en avril 1951 que sort le premier numéro des Cahiers du cinéma. Succédant à la Revue du Cinéma, ce magazine crée par André Bazin,  Jacques Doniol-ValcrozeJoseph-Marie Lo Duca et Léonide Keigel veut prolonger l’art de la critique pour un lectorat de plus en plus sensible au monde du septième art.

Le Français des années cinquante serait devenu cinéphile et les fondateurs de ce mensuel doivent prendre en compte cette évolution. Mais dès 1952, une ribambelle de jeunes gens intègre la rédaction des Cahiers. Cette « nouvelle vague » enthousiaste et provocatrice s’engage contre le conformisme du cinéma français et devient le fer de lance d’une nouvelle pensée critique.

Sous la houlette d’un François Truffaut déterminé, la ligne éditoriale des Cahiers devient très politique. De nombreux réalisateurs en devenir le rejoignent et apposent leurs signatures en bas de papiers très engagés. Parmi eux : Godard, Chabrol, Rohmer et Rivette. Ils commencent à dessiner les contours d’une nouvelle idéologie cinématographique.

Ils imposent leur manière de penser l’écriture, la mise en scène et la production. Décriant  le cinéma français commercial, ils adoptent la démarche créative de leurs ainés américains. La politique des auteurs théorisée par François Truffaut part en guerre contre le cinéma de divertissement et tente d’éclairer la puissance artistique de ce qu’il appelle les vrais « auteurs réalisateurs ».

Deux Unes des Cahiers : Alfred Hitchcock (1956) et François Truffaud (1984)

Surnommés les « jeunes Turcs » par André Bazin, cette brigade délaissera au fils des ans les pages de la revue au profit de leurs propres réalisations. Se confondant avec l’Histoire de France et du cinéma, la vie des cahiers est marquée par de nombreux changements éditoriaux. Tribune des pensées de ses collaborateurs, le magazine rencontra quelques grands courants idéologiques comme la psychanalyse, le structuralisme, le marxisme et voit venir en son sein des personnalités telles que Roland Barthes ou encore Jacques Lacan.

Après mai 68, la rédaction se politise de plus en plus et se rallie au courant maoïste. Le magazine s’en trouve profondément transformé : les photos sont supprimées, le format change et seuls quelques films militants trouvent grâce aux yeux de la rédaction. De nombreux collaborateurs quittent les rangs du magazine et sa survie est menacée.

C’est à la fin des années soixante dix que le magazine, sous l’impulsion de Serge Daney et de Serge Toubiana prend la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Signant le grand retour à l’image, la fin des grandes tribunes théoriques, les Cahiers du cinéma nouvelle version est rajeunie et se veut moins élitiste en s’adressant aux cinéphiles de toutes obédiences...

4/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

Il est loin le temps de la couverture jaune poussin et des photos en noir et blanc. Les Cahiers du Cinéma ont changés de look depuis les années cinquante. La photographie toujours mais en couleur cette fois. Épurée, la Une fait la part belle à l’image. Le cinéma est à l’honneur et quoi de mieux pour débuter qu’une photo grand format annonçant en filigrane les dossiers du mois. Ici pas de titraille en pagaille, une photo et un gros titre. Le reste du menu se trouve sur la tranche du magazine. Une esthétique travaillée qui n’est pas sans rappeler les affiches de cinéma.

Son format classique promet un moment de lecture agréable. Les espaces publicitaires restent dans le thème en faisant la promotion d’événements liés au cinéma ou en annonçant la sortie de coffret DVD, de films et autres éditions collectors. Pas de quoi perturber le cinéphile monomane.

2 Unes 2016 des Cahiers du Cinéma

Le contenu est dense et lire d’une seule traite les quelques cents pages du magazine relève de la performance athlétique. Ajoutons à cela une police de caractère minuscule, une mise en page un peu austère et nous avons tous les ingrédients pour décourager le jeune cinéphile qui en peine reposera illico presto ce magazine lui préférant les plus abordables Studio, Première et autres titres populaires.

Même si quelques photos (toujours d’excellentes factures) permettent de reprendre son souffle entre deux dossiers, ce mensuel place la rigueur éditoriale au dessus de toutes choses. De forme classique donc, les Cahiers portent l’héritage d’une certaine idée du cinéma qui conviendra aux plus puristes.

8/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Au sommaire des Cahiers du cinéma nous avons les pages « Evénement » qui reprennent par le menu le thème exposé en Une. Vient ensuite « le cahier critique ». Une dizaine de pages dans lesquelles se côtoient critiques et interviews. La rubrique « journal » quant à elle propose pèle mêle des hommages, des billets, des portraits, des découvertes mais aussi des news internationales.

Les pages suivantes sont consacrées au décryptage d’une œuvre autour de plusieurs articles. La rubrique « Entretien » propose une interview fleuve d’une personnalité. Enfin le magazine s’achève sur un dossier consacré à un thème d’ordre général.

L’offre est variée et il n’est pas rare que le cinéma dit confidentiel se retrouve à côtoyer les grands noms d’Hollywood. Seul le cinéma populaire semble absent des pages de ce magazine. Dans le langage Cahiers  le terme « populaire » s’oppose au terme « savant ». Un cinéma bas de gamme en somme. Cela peut sembler particulièrement arrogant car si le cinéma est un art il s’inscrit aussi dans la tradition du divertissement pour une grande partie de la population.

Mais les Cahiers préfèrent les amateurs des salles obscures aux abonnés Netflix.

Mais les Cahiers préfèrent les amateurs des salles obscures aux abonnés Netflix. Les afficionados des salles d’art et d’essais aux spectateurs dilettantes fréquentant les complexes en périphérie des grandes villes.

Ce n’est un secret pour personne Les Cahiers du Cinéma s’adressent à un lectorat averti. Une élite intellectuelle capable de déchiffrer le verbe, de déceler la référence. Tout cela peut sembler quelque peu caricatural mais avec ses articles de haut vol, ses analyses pointues et ses experts Les Cahiers du cinéma s’apparentent plus à un essai théorique sur le septième art qu’à un magazine spécialisé lambda. 

On ne peut que reconnaître les qualités éditoriales et rédactionnelles de ce magazine. Mais par moment on souhaiterait qu’il s’affranchisse de ses propres valeurs pour tendre la main à un lectorat plus jeune qui garantirait sa survie.

3/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

Si le cinéma est considéré par certains comme une religion alors les Cahiers du cinéma pourrait être son livre saint. Depuis sa création, ce magazine n’a cessé d’évoluer. Ce mensuel est d’ailleurs le seul survivant des titres dédiés au cinéma nés à la même époque. Si il a fallu du temps aux Cahiers du Cinéma pour trouver une ligne éditoriale pérenne, il est certain que les équipes rédactionnelles sont restées fidèles à sa vocation première : offrir une réflexion sur le cinéma et sur ceux qui chaque jour lui permette d’exister dans le paysage culturel.

Offrir une réflexion sur le cinéma et sur ceux qui chaque jour lui permette d’exister

Le reproche que l’on pourra faire à cette publication, c’est évidemment son caractère élitiste. Cette impression que les initiés parlent aux initiés en mettant de côté ceux qui voudraient le devenir. Mais après tout s’il faut une place pour chaque chose en ce bas monde alors c’est confortablement installé dans cette case que personne d’autre ne peut occuper que les Cahiers subsistent tant bien que mal.

Une certaine idée d’excellence et de nostalgie émane des pages de ce magazine que beaucoup adore détester.

Par Chloé Pangrazzi
Culture, images et nouveaux médias

Evaluation finale

Les Plus

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La plume de spécialistes

L'histoire des cinémas 

 

Les Moins

Un peu élitiste

La note finale
15/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
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