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Le Parisien
Le Parisien


Ex-parisien libéré

Date de 1944

Journal populaire



Évaluation Le Parisien

“ Mieux vaut l'avoir en journal... ”

Le Parisien Libéré commence à paraitre le 22 aout 1944, avec comme gros titre barrant la Une : « La victoire de Paris est en marche ! » Prenant la place du Petit Parisien accusé d’avoir continué ses activités pendant le régime de Vichy, Le Parisien Libéré deviendra Le Parisien en 1986, version couleur, comme la télévision dix ans plus tôt. Il atteint en 2015 une diffusion de 215 000 exemplaires pour son édition d’Île de France et 139.000 pour son label Aujourd’hui En France, avatar du Parisien et prenant le week-end des allures de magazine.

Ce journal a la particularité d’avoir développé des éditions périphériques insérées dans les pages d’un Parisien commun à tous. Ainsi, chacune des dix villes d’Ile de France est observée par une édition spéciale la concernant au quotidien, au-delà de la stricte référence parisienne intra-muros.

C’était, à ce titre, en 1994, une belle intuition de ce grand Paris dont nous entendons encore tant parler. C’était aussi, symboliquement, une façon de reconnaitre que la capitale n’existait pas sans sa périphérie et qu’au fond, l’Etoile n’était rien sans les branches qui la constituaient.

Ce journal a également réussi à réunir des lecteurs épars qui sans doute n’auraient jamais partagé la lecture d’un même journal. En effet, Le Parisien s’est toujours défini comme une publication populaire, au-delà des différences sociales, politiques, ethniques, ou religieuses. Son but a toujours été de rassembler, par la rigueur et l’objectivité, les intérêts de tous et de chacun.

Le Parisien Aujourd’hui en France créé du lien. Sans artifice. Peut-être seulement en parlant vrai.

3/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

Le Parisien appartient à l’espèce Format Tabloïd, 374 X 289 mm, comme Libération, ou France Soir. Un format pratique, facile à découvrir. La maquette est claire, sans chichi, dans des tons de blanc bleu rouge. Tout est parfaitement lisible et la typo conviendra à toutes les myopies. Cela parait presque simpliste comme univers. Mais en réalité, la force de frappe est toute subliminale. « On doit pouvoir comprendre sans lire pour autant », tel serait le message d’une organisation graphique en apparence dénuée de la moindre complexité.

Un journal est-il fait pour être beau ? Pour Le Parisien, la réponse semble s’imposer. La notion de beauté est beaucoup trop subjective. Préférons ni beau ni laid. Coiffé d’une neutralité qui lui donne un air de cousin de province.

Coiffé d’une neutralité qui lui donne un air de cousin de province

Les photos du Parisien reflètent la vie sans les paillettes du spectacle, avec une sorte de détachement qui n’a d’autre but que d’informer de façon objective sur ce qui se passe ailleurs, et principalement ici.

Avec 35 pages au compteur du jour, Le Parisien déploie avec une rigueur toute objective : Actu, Politique, Eco, Société, Faits Divers, Vie Quotidienne, Annonces, Pages Télé… avec soudain une place confortable pour le sport et surtout les courses hippiques, visiblement très bien référencées. C’est le petit monde du Parisien dans la dissonance du monde. Un monde où il fait bon s’arrêter pour manger un sandwich, dans la touffeur d’un terroir au goût de macadam.

Le journal, dans son ensemble visuel, met tout le monde d’accord, comme un plat de nouilles le dimanche soir dans un bourg perdu aujourd’hui de la France où résonne les cuivres de notre Marseillaise.

6/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

On ne va pas mentir en disant que le traitement des sujets se veut avant tout factuel, même s’il serait compliqué de parler d’objectivité. Nous pouvons trouver dans les gros titres une sorte d’austérité attirante qui parfois flirte avec feu la littérature de gare. « Sueurs froides pour les particuliers employeurs » ou « A Arzon, les identitaires effraient plus que les migrants ». C’est le petit clin d’œil célébrant les affreux faits divers qui pullulent dans la presse régionale aussi bien que dans la capitale. Les faits de société nous rassemblent car, qu’on le veuille ou non, on peut s’y voir dedans.

La Une du Parisien du mardi 16 février 2016

Dans le fond, la rédaction des articles répond à trois critères fondamentaux : rigueur, équilibre et objectivité. Il est intéressant de s’arrêter sur cette neutralité affichée par le journal. Le désir de ne diviser personne confirme cette place donnée par le journal au sport et plus particulièrement au football qui ratisse façon grand écart dans les couches de la société. Pour Le Parisien, malgré les apparences, il ne s’agit pas de réfléchir ensemble mais de structurer l’info à travers une grille d’appréciation très rigoureuse, sans affects ni trémolos. Des infos déjà décryptées, en réalité, comme des crevettes décortiquées, plus faciles à digérer, fondantes en quelque sorte.

Les journalistes ne doivent pas s’amuser tous les jours pour la réalisation de ce quotidien à 0.95€. Certes, on ne racle pas le fond, loin de là, car le sérieux préside à l’élaboration des pages, mais ce côté « l’Actu pour les Nuls » a mission de ne pas fouiller au-delà de la première couche. Un journaliste trouve parfois un cadavre enterré dans le jardinet d’un pavillon de banlieue, ou une barrette de shit dans les couches culottes d’un bébé, mais à part ça, le bureau Investigation affiche fermé. En réalité, il n’a même jamais ouvert. Le Parisien en a fait une ligne de conduite dès le début.

4/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

La neutralité consiste à abandonner toute forme de mauvaise foi et à observer, comme à Roland-Garros, les coups échangés, puis de commenter avec plus ou moins de saveur les bassesses de l’un et les hauteurs de l’autre. Mais Le Parisien, à l’instar des quotidiens de province, fait vivre sa ville et sa région, et aussi celles de tout un pays par l’intermédiaire d’Aujourd’hui en France. Le Parisien nous rappelle le sourire bienveillant de Jean-Pierre Pernaud sur TF1. Cela sent bon la météo et les petits soucis des anonymes, le prix de la carotte et les frasques des footballeurs. 

Inlassablement, le journal travaille sur le rassemblement des uns et des autres, sur la proximité. A travers sa courte mais édifiante rubrique Voix Express, Le Parisien donne la parole à des « gens de tous les jours » plutôt qu’à des stars, avec souvent des thématiques transcendantes qui touchent forcément tout le monde, ou presque : « Vos enfants ont-ils peur d’utiliser les WC à l’école ? ».

Cela sent bon la météo et les petits soucis des anonymes, le prix de la carotte et les frasques des footballeurs

Paris n’est pas traité comme une capitale mais comme une ville à dimension humaine, et c’est sans doute ce qui rend ce journal si attachant. Il s’engage, malgré sa neutralité, dans cette joute quotidienne que représente le vivre-ensemble. Au fond, la substance du message pourrait être « notre ville nous rassemble parce qu’elle nous ressemble ».

Du bon sens, pas de second degré, des métaphores light, avec pragmatisme et clarté le paquebot avance néanmoins somptueusement très loin des côtés du réel social.  En mars 2016, le journal est accusé par divers syndicats internes d’autocensure. En effet, les journalistes Culture auraient reçu la consigne de ne pas chroniquer le film « Merci Patron ! », où le boss d’LVMH, Bernard Arnault, principal actionnaire du journal, est mis (très) à mal. 

Au fond, qu’est-ce que la neutralité, sinon une arme de guerre impossible ?

Par Hervé Mestron
Médias & réflexions

Evaluation finale

Les Plus

La vraie vie des gens

Traitement sérieux

Pas de démagogie

Les Moins

Une légère auto-censure?

La note finale
13/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
13/20
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