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Le Figaro
Le Figaro

 

Since 1826

315.000 exemplaires



Évaluation Le Figaro

“ Le journal droit dans ses bottes ”

C’est en 1826, sous le règne de Charles X, que fut fondé le quotidien Le Figaro, d'après le personnage du dramaturge Beaumarchais : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. » Il faut préciser qu’au départ, le journal était un espace antimonarchique et satirique, autant dire très loin de ce qu’il est devenu, un journal de droite et de centre droit, fait de libéralisme classique assumé et de conservatisme social militant.

En 2013, son directeur général définissait son quotidien comme « libéral mais non dogmatique, conservateur mais non passéiste, européen mais non eurobéat, attaché à défendre la culture française mais ouvert sur le monde avec une indépendance d’esprit. »

Mais son ouverture sur le monde se concentre surtout sur la peur de l’Islam et de ceux qui y sont attachés ; peur qu’il souhaite faire partager à tous ses lecteurs, au nom d’une menace idéologique et sans doute aussi religieuse.

3/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

Dans son format 31x47, récemment aminci, Le Figaro apparait fringant. On sent qu’il court le matin avant d’aller au boulot à dix heures en écoutant dans son casque Bose, le yoyo des marchés financiers et peut-être aussi la messe du dimanche matin.

Les gros titres sont vraiment très gros, tout comme les photos couleur qui occupent beaucoup d’espace et apportent une immense lassitude tellement les clichés se ressemblent dans leur approche de l’homme. Même ton compassé, même costume, même cravate, même angle du peintre essayant de projeter le monarque dans l’illusion d’une postérité.

Il n’y a rien à dire sur le papier ou la mise en page qui reprend les codes habituels de la composition classique. Le Figaro n’a pas pour mission d’être un journal moderne. Il essaie juste de rester Le Figaro, et dans ce sens, il y parvient totalement.  

6/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

On a l’impression que, sans la politique, le Figaro n’existerait pas. Le navire d’excellente facture continue inexorablement sa traversée du lac tumultueux de la gauche sans une éclaboussure de boue sur les guêtres. Lorsque le toit fuit, le journal déroule le trench-coat huilé pour contempler les gouttes glisser sur lui, sans que rien au fond ne semble l’affecter vraiment.

Les gros titres utilisent des mots simples et vérifiables dans le dictionnaire. Des formules de bon aloi teintées d’un esprit de bataille d’Austerlitz bon enfant, mais qui n’en sont pas moins l’expression d’une réelle culture de la chasse à courre et des épopées militaires.

« François Fillon terrasse Alain Juppé » « La Maison de la chimie prise d’assaut… », « A peine élu, déjà à pied d’œuvre… , « La consécration d’un obstiné » « Ambiance mortifère à Bordeaux » « Le Président (Hollande) tenté de laisser pourrir l’offensive » « Flynn, pour combattre des Djihadistes » « un gendarme tué lors d’un contrôle », « Du neuf en attaque mais des occasions à saisir », « La mort de Castro ressuscite les querelles », « Démocratie contre Populisme »… même jusqu’à la pub de Renault en dernière page qui nous dit : « Maitrisez votre trajectoire ».

Des formules de bon aloi teintées d’un esprit de bataille d’Austerlitz

Quel guerrier ce Figaro ! On le sent toujours harnaché aux aventures des troupes napoléoniennes. Vaillant, combattif, Le Figaro nous assène sa vision de la France, à chaque article, à chaque page. Après la politique intérieure, on est à peu près sûr de tomber ensuite sur l’Islam et ses dangers. Avec Le Figaro, nous sommes au pays de l’amalgame. Plus loin, à la rubrique « prêt à porter », les politiques de gauche se font tailler un costard et nous dirons que c’est de bonne guerre.

La hantise du Figaro : le retour des révolutionnaires ou des bolcheviks...

Le carnet du jour est une véritable bénédiction pour les passionnés d’Histoire de France. Nous découvrons derrière cette page toute nécrologique la musique d’une aristocratie déchue qui, bon an mal an, se maintient malgré les turbulences de la vie moderne. D’ordinaire tapis dans l’ombre du grand public, ces noms ressurgissent à l’occasion d’un hommage adressé au trépassé. Ducs, barons et baronnes, comtes et comtesse, amiraux, s’y retrouvent, le temps d’un voyage en métro.

Le carnet du jour est une véritable bénédiction pour les passionnés d’Histoire de France

Un ou plusieurs suppléments se glissent entre les pages, selon les jours, de l’économie le lundi aux livres le jeudi. En début de semaine, sort Le Figaro et Vous, sorte de guide Style&Culture avec option high tech pour les quadras PDG. C’est davantage classique que chic, peut-être un brin vintage, notamment sous la plume d’un Stéphane Bern qui n’hésite pas à écrire que « Paris reste une fête et la Ville Lumière continue de faire briller les yeux des jeunes filles, même les plus gâtées de la planète. » Quelle ambiance épatante !

2/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

Le Figaro ne lâche rien. On sent une grande confiance dans les colonnes du quotidien, voire une sorte d’auto célébration à la fois touchante et juvénile. Avec lyrisme, Etienne de Montety n’hésite pas à nous rappeler au sujet de son clan politique que, « la langue française est incroyablement partiale : elle exprime la rectitude et l’habileté par le terme « droite », quand le terme « gauche » traduit l’idée inverse… »

Le Figaro s’auto célèbre sans cesse, sans autre dogmatisme que celui de son grand âge ayant traversé les terres de la chrétienté. Le Figaro continue la croisade au nom du respect de ses convictions religieuses notamment avec son refus du Mariage pour tous.

Le Figaro continue la croisade au nom du respect de ses convictions religieuses

Le masque du Figaro brille comme une vieille opaline dès lors qu’il s’agit de religion. Derrière la frange catholique de droite, où droiture et solidarité s’unissent pour le bien de la famille, émergent des idées venues d’un autre temps, loin de celui dans lequel nous vivons.

La foi est une démarche individuelle et collective, profonde, inscrite dans un temps sans limite, mais qui ne doit pas non plus devenir une entrave à la liberté de pensée et d’agir. En soutenant des idées qui défient les avancées sociales et notamment le droit des femmes de décider d’une IVG, Le Figaro tente de faire preuve d’une autorité dogmatique qui n’effraie que les oiseaux. On peut être de droite, croire en dieu, mais aussi en l’être humain, rien n’est incompatible.

Le Figaro tente de faire preuve d’une autorité dogmatique qui n’effraie que les oiseaux

En utilisant les valeurs d’une démocratie soumise au regard des défenseurs d’une religion rigoriste, Le Figaro peut ainsi (se) cacher qu’il est lui aussi dans la tourmente d’une presse contrôlée par des actionnaires qui préfèrent nettement leurs intérêts économiques aux louanges du petit jésus. D’ailleurs, la rédaction du journal, composée de journalistes émérites pour la plupart, n’a pas manqué de tenter une insurrection lors de la censure de certains sujets édictée par Serge Dassault, patron (entre autres) du Figaro.

Le Figaro n’est pas anti-démocratique, bien au contraire, mais peut apparaitre comme une menace à la liberté de conscience de chacun. Il est sans doute laïque, mais en même temps, certaines des idées qu’il défend sont moins dictées par la raison que par la religion… Le Figaro se dit partiellement gaulliste, mais le Général est mort depuis longtemps…

Mais une chose est clair, Le Figaro est sûr de lui. Il se sert de la religion comme d’un outil destiné à éclairer l’humanité. Mais il a peut-être sauté le chapitre sur la tolérance…

Par Hervé Mestron
Médias & réflexions

Evaluation finale

Les Plus

De bonnes plumes

Plusieurs droites représentées

Les Moins

Religiosité qui frise le prosélytisme

Culture identitaire proche du FN?

La note finale
11/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
9/20
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