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La revue 6 mois
6 mois


2 numéros par an

Photojournalisme
 



Évaluation La revue 6 mois

“ Le photo-journalisme qui éclaire sur le réel ”

Laurent Beccaria créé sa maison d’édition, Les arènes, en 1995. Après avoir initié la revue XXI en 2008, il lance 6 mois au printemps 2011 avec pour baseline "Le XXIème siècle en images". Pour chacune de ces revues, il est accompagné de Patrick de Saint-Exupéry, ex grand-reporter au Figaro et prix Albert Londres 1991…

4/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

Proposé à un prix élevé (autour de 26€), 6 mois offre pour ce tarif un véritable livre-magazine...

Un pavé de haute qualité

La revue 6 mois, tirée 2 fois par an (comme son nom l’indique), se compose d’environ 300 pages. La qualité du papier est supérieure et est comparable à celles des « beaux livres » : grammage élevé, on ne voit pas le verso d’une page depuis son recto, le blanc des fonds de page est impeccable.

Maquette minimaliste

La maquette de 6 mois s’avère épurée, délestée de tout ce qui pourrait entraver l’essence de la revue : la photographie. De fait, les textes ne sont là que pour introduire, présenter ou accompagner les dizaines de photographies qui agrémentent le magazine.
Le principe de picos (ou pixels) est repris et utilisé de façon récurrente. Telle la perception d’un objectif photographique argentique où la rétine percevait de petites points par centaines en posant son œil dans le cadre de l’appareil.

Esthétique / mise en page

En parallèle des images, c’est un système en colonnes qui organise l’essentiel du magazine. Les pages peuvent être découpées en 3 ou 4 colonnes dont les lignes de démarcation sont laissées visibles.
Cette organisation des pages vaut aussi bien pour des textes courts (3 textes sur 3 colonnes d’une même page) que pour des récits plus longs (où le texte se poursuit d’une colonne à une autre).

Des typos de journalisme des années 70/80

Les typos (polices de caractère) des titres sont assez conformes à celles utilisées dans les journaux des années 70 à 90 (type Baskerville ou Times New Roman). Celle des textes est plus arrondies, un peu plus douce (type Calibri).
Aucune autre couleur que le noir n’est utilisée pour les polices de caractère. De même, des sortes de gros traits horizontaux (tels des curseurs des années 80) parachèvent cette impression d’une maquette datant de l’ère pré informatique (aux grandes heures du photo journalisme).

9/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Dans un monde où l’image est devenue reine et impose son omniprésence, il peut sembler ambitieux de se démarquer en utilisant un seul axe fondamental : l’image photographique. Et pourtant, 6 mois remet au goût du jour la rencontre par la photo. Rencontre de personnes, de cultures et de paysages ; la rencontre de parcours, d’historiques et d’ambitions…

Les triptyques

Un grand thème, 3 déclinaisons ; tel est le concept des triptyques sur 6 mois. Un dossier intitulé « Israël, le piège » par exemple, se voit découpé sous 3 angles : « Les hommes en noir » (où la montée des ultraorthodoxe), « A l’ombre des jeunes filles en armes (les 2 ans de service militaire des jeunes femmes en Israël) et « Une famille en colonie » qui décrit la vie de colons israéliens.
Pour chacune de ces parties, un reportage photographique nous plonge dans l’univers traité. Des petits textes explicatifs viennent sous titrer les images ou compléter celles-ci d’explications. Les photographies représentent environ les ¾ d’une double page ; difficile de ne pas être happé par ces formats immenses qui nous plongent au cœur du du sujet…

Un éclairage de 4 à 6 pages permet, entre 2 angles de traitement, d’enrichir le thème d’un témoignage. Celui d’un écrivain israélien dont la sœur s’est trouvée endoctrinée par la communauté ultra-orthodoxe ou bien celui d’un guide chinois qui amène des groupes de touristes en Europe et se voit rémunéré pour les faire consommer…

Les récits

Dans 6 mois, on trouve également des Récits qui prennent la forme de reportages photographiques. Des images de toutes tailles illustrent un thème, le plus souvent immersif…
On pénètre dans une tribu Pygmée (du Congo) pour y découvrir la vie des jeunes-mères recluses auprès de leur enfant ; on suit des marcheurs de Compostelle entourés par les écrans et les connexions wi-fi ; ou encore on partage la vie de jeunes polonais qui fuient l’école et font les 400 coups.
Les photographies donnent l’impression d’une approche à mi-chemin entre le reportage et la sociologie. Les réalités de vie sont décrites sans jugement, ni idéalisées ni dramatisées. Une simple confrontation au réel. Pour en savoir plus ponctue la séquence avec des textes explicatifs et des références pour aller plus loin.

4/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

Les photos décrivent, témoignent, relatent. Elles parlent de vies, de groupes et, en filigrane, de l’état du monde d’une manière plus large. Elles esquissent notre époque avec une force dont seul ce médium est capable.

Une ligne éditoriale sans concession

Les sujets exposés dans 6 mois ne tombent pas dans la facilité. Les questions géo-politiques, historiques et sociétales y occupent une large place.
En outre, le mode de vie occidental n’y est pas spécialement sacralisé ; comme par exemple lors d’un photoreportage qui nous plonge dans l’opulence vulgaire des paquebots de croisière, miroir du consumérisme contemporain.

Un parti-pris humaniste

L’être humain se trouve au cœur du dispositif de 6 mois. A l’instar de XXI, on y fait des rencontres multiples, pluriculturelles, exotiques. L’approche journalistique privilégie la pédagogie au jugement même si l’on sent que la préférence va aux peuples plutôt qu’aux élites.

Les textes en relais nécessaires

Néanmoins, soulignons que les textes sont soignés, calibrés et prennent le relais à des moments où la seule constatation par l’image ne suffit pas toujours. Expliquer le contexte et décrire les enjeux demeure essentiel pour permettre une compréhension plus fine des sujets abordés.

Par Denis Morineau
Médias et numérique

Evaluation finale

Les Plus

Le photojournalisme revit
L’image qui donne du sens
Des sujets politiques forts
Pas de publicité

Les Moins

Un peu cher

La note finale
17/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
19/20
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