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La nouvelle édition
C8

 

Talk show d’infotainment

 

Du lundi au vendredi

 

12h05 à 13h30



Évaluation La nouvelle édition

“ La grande famille de Daphné Bürki ”

Programme d’infotainment par excellence, La nouvelle édition a pour vocation de décrypter l’actualité, en équilibre sur un fil entre un contenu qui revendique son sérieux et une présentation décontractée. La formule avait trouvé son public sur Canal+, mais peine encore à convaincre depuis son passage sur C8 à la rentrée 2016.

Après avoir perdu la moitié de ses audiences en fin d’année dernière, LNE remonte péniblement la pente depuis janvier face aux mastodontes qui monopolisent les parts de marché dans ce créneau horaire de la mi-journée (plus de 70% cumulés entre TF1, France 2 et M6). Le chemin sera encore long.

Un passage en clair souhaité par l’animatrice

Créée en 2011, dans le prolongement naturel de l’Edition spéciale de Bruce Toussaint, La nouvelle édition était présentée jusqu’en 2015 par Ali Baddou. Daphné Bürki, qui l’a succédé, est à l’origine du transfert de l’émission sur C8 (Groupe Canal +, anciennement D8).

Alors que l’ambition annoncée de Vincent Bolloré était de réduire les émissions en clair pour privilégier le crypté et ramener des abonnés, c’est elle qui a convaincu le nouvel homme fort du groupe Canal+: “C’est totalement assumé.

Il m’a semblé qu’une tranche d’actualité comme La Nouvelle Edition avait sa place en clair, accessible à tous, et j’aimais également cette idée de me faire une place sur une chaîne généraliste.” Un retour d’ascenseur peut-être, puisque c’est ce même Vincent Bolloré qui avait souhaité installer l’animatrice aux commandes de La Nouvelle Edition en 2015...

4/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

Ex-styliste chez Dior, Daphné Bürki en a gardé le goût des tenues vestimentaires hautes en couleur, qu’elle n’hésite pas à multiplier sur le plateau de La Nouvelle Edition. A chaque jour son lot d’ensembles ou d’assemblages dignes d’un défilé de haute couture. Mais du classique à l'excentrique, on sent la jeune femme toujours à l’aise dans ses bottes.

Survitaminée et en état d'excitation quasi-permanent, Daphné Bürki possède un sens de la mise en scène peu commun

 C’est d’ailleurs par l’intermédiaire d’une rubrique sur la mode qu’elle a fait ses premiers pas, un peu par hasard, à la télévision. Chroniqueuse de Maïtena Biraben dans Nous ne sommes pas des anges en 2006, elle a ensuite accompagné Bruce Toussaint au cœur de la Matinale puis dans l’Edition spéciale en 2008. Passée par Les maternelles sur France 5 en 2011, elle explose au côté de Michel Denisot dans Le Grand Journal pendant la saison 2012/2013, avant de présenter Le tube l’année suivante, toujours sur Canal+.

Le rythme et le jeu de mot dans la peau

Survitaminée et en état d'excitation quasi-permanent, Daphné Bürki possède un sens de la mise en scène peu commun dans la profession. Ses interventions, souvent assez théâtrales, peuvent être engagées ou gentiment moqueuses, mais toujours drôles et bienveillantes.

Pour s’exprimer, l’animatrice (qui ne se considère pas encore comme une journaliste) utilise autant sa tête que l’intégralité de son corps. Ses mimiques, ses jeux de mots, ses expressions bien senties et ses citations souvent appropriées, alimentent un ton résolument libre, frais, et optimiste.

Daphné dans ses oeuvres et l'équipe en arrière-plan

Placée au centre du plateau de La Nouvelle Edition, elle est autant le moteur que la roue de secours du programme. Garante d’une certaine précision dans les propos, et d’une grande pédagogie à l’intention des téléspectateurs ou du public, elle tempère les ardeurs, et provoque les fous rires.

Sa voix si particulière, est à ce jour l’une des plus intelligibles du PAF, et quel que soit son débit de paroles (qui peut accélérer dans des proportions “de caunienne”), son élocution n’est jamais prise à défaut.

Si l’investissement total de Daphné Bürki est au service du rythme très soutenu de l’émission, il peut en revanche résonner aux oreilles de certains comme une omniprésence pesante, voire irritante: à l’heure du déjeuner, gare à l’indigestion, on ne se régale pas devant une émission de télévision comme on profite d’une pièce de théâtre.

3/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

De la politique à la pop culture, de la gravité à la légèreté, La Nouvelle Edition n’hésite pas à faire le grand écart. Découpé en deux parties depuis son arrivée sur C8, le programme foisonne de sujets et de rubriques qui s’entremêlent, et finissent par se confondre.

 Une boulimie dictée lors de son lancement par une obligation de résultat, qui finit aujourd’hui par rendre difficilement identifiable la chronologie de l’émission. Si quelques rendez-vous sont clairement installés, d’autres apparaissent ici ou là au fil de la semaine, sans réelle cohérence.

Un édito rafraîchissant

Avant d’accueillir ses chroniqueurs un par un, accompagné d’un petit mot d’humour personnalisé, la présentatrice prend ses responsabilités au sein d’un édito rafraîchissant. Reflet, le plus souvent, de ses humeurs du jour, ce dernier rebondit sur une ou plusieurs infos parues ou entendues le matin même dans la presse.

L'animatrice présente son prochain invité

Seule, et debout face au public, Daphné Bürki peut autant commenter les chiffres en baisse de la natalité française, le blues du troisième lundi de janvier, les audiences télé de la veille, ou les “vacances” de l’astronaute Thomas Pesquet. Pour la première de LNE sur C8 le 6 septembre 2016, elle a dévoilé son sein droit (caché par sa main) en réponse à la petite phrase de Manuel Valls sur “le sein nu de Marianne qui nourrit la France”.

Les questions du matin, le zapping radio et l’invité

Invariablement, “les questions du matin”, enregistrées auprès d’anonymes en pleine rue face caméra, lance la première partie de l’émission. Comment Bernard Madoff est-il devenu une star en prison? Quelles sont les consignes données aux présentateurs météo pendant la vague de froid? Qu’est-ce qu’une “roucoulette” au handball?

Les chroniqueurs s’empressent de répondre à ces interrogations existentielles, dont on finit par douter de la spontanéité. On se demande dans quelle mesure elles n’ont pas été suggérées par la rédaction...

Même s’il n’invente rien, le zapping radio est en revanche de bonne facture, et les sujets évoqués sont souvent repris et développés plus tard dans l’émission. Rien à signaler en revanche du côté de l’invité (quand il y en a un!): en janvier, Yann Moix, Elisabeth Martichoux, Mazarine Pingeot et Edouard Baer se sont entre autres prêtés à l’exercice, purement promotionnel.

Le journal présenté par Emilie Besse

La deuxième partie de l’émission (aux alentours de 12h40) débute par une météo décalée, prétexte à la diffusion d’un extrait musical. Elle est suivie d’un journal télévisé complet présenté par Emilie Besse (une vingtaine de minutes).

Des rubriques et des chroniqueurs qui s’entremêlent

Si les rubriques de l’émission sont identifiables par leurs noms, elles le sont en revanche beaucoup moins par leur positionnement (première, deuxième partie, voir absence certains jours) et par le chroniqueur qui y est associé, à l’exception du reportage du jour assuré par des journalistes (les lycéens qui dorment dans la rue, l’univers de Donald Trump, le retour des loups…).

Chacun ayant son mot à dire, on ne sait plus qui anime la chronique, et qui livre son sentiment personnel

On retrouve ainsi “LNE en campagne”, un focus sur l’élection présidentielle, ou encore Tapis Rouge et son grand déballage de paillettes et de people (Miss Prestige, les FIFA Awards, les César, les Golden Globe…) dans les mains successives des quatre intervenants en contrat indéterminé.

Ariel Wizman pour les médias, Nicolas Domenach pour la politique, Mathilde Terrier (actualité des réseaux sociaux) et le petit dernier, Valentin Spitz (portrait du jour). Chacun ayant finalement son mot à dire, on ne sait plus qui anime la chronique, et qui livre son sentiment personnel (une mauvaise habitude de l’émission d’ailleurs).

La cohérence de l’équipe n’est pas en cause ici, les expériences, les spécificités et les affinités y sont complémentaires et bien réelles, mais à trop vouloir s’appuyer sur une bande de copains, les individualités se dissolvent, et le téléspectateur perd ses repères.

3/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

Peu d’émissions peuvent se vanter d’être en direct et en public entre 12h et 14h, et La Nouvelle Edition en fait partie. Un bon point, d’autant que l’assistance est extrêmement participative et dépasse largement le cadre de la “décoration”.

Côté réalisation, LNE présente une copie très satisfaisante où les plans se succèdent à une vitesse effrénée qui apporte une vraie dynamique. Le tout est saupoudré de nombreux extraits musicaux, de montages vidéo et photos intéressants (à l’image de Quotidien). La qualité des reportages est également à souligner, très riches en témoignages, esthétiques et pédagogues.

2/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

L’ambiance est tellement détendue sur le plateau de La Nouvelle Edition que le spectateur aurait presque l’impression de violer l’intimité d’un groupe d’amis. Comme à la table d’un pub, les discussions vont bon train, et s’aventurent souvent sur le terrain des sentiments personnels, pour finir empêtrées dans des débats secondaires, voire totalement hors sujet.

A en croire pourtant les audiences à la hausse depuis le début de l’année, il y aurait bien un public pour ça. A l’heure où la plupart ont la tête baissée dans leur assiette, un peu de légèreté n’est sans doute pas un crime. Mais le programme, qui repose aujourd’hui sur une forme convaincante, aurait tout à gagner en épurant son contenu pour n’en retenir que l’essentiel.

Faisons confiance à Daphné Bürki pour rectifier le tire, d’autant que le plus gros du travail est déjà fait, et l’énorme pari en passe d’être relevé.

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique

Evaluation finale

Les Plus

Daphné Bürki

L’horaire

La réalisation

L’ambiance

Les Moins

Le contenu
La familiarité des chroniqueurs

La note finale
12/20
Note finale de la rédaction
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