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L'Obs
L'Obs

Ex France Observateur

 

Ex Nouvel observateur

 

Ex Nouvel Obs

 



Évaluation L'Obs

“ Un tout petit peu consensuel sur les bords ”

Après L'Observateur politique, économique et littéraire, de 1950, créé par d’anciens résistants, le journal devient France Observateur en 1964 et dénonce les cas de torture en Algérie. Très fortement imprégné d’une culture de gauche, le journal milite dès 1971 pour le droit à l'interruption volontaire de grossesse en publiant le Manifeste des 343 femmes ayant avorté à un moment où l’avortement était encore interdit (la loi Veil sera votée en 1975).

Devenu Le Nouvel Observateur en 1974 (Nouvel Obs pour les intimes), le journal sera la caisse de résonnance des avancées socio-culturelles de l’après 68 et tirera à 400 000 exemplaires. C’est en 1984 que le journal deviendra peu à peu un news magazine en développant reportages et faits de société.

Nouvelobs.com est créé en 1999, conjointement à l’édition papier qui, à l’instar de la presse en général, traverse une situation économique très préoccupante. Enfin, dès septembre 2016, suite à des pertes colossales, l’hebdo est contraint d’accepter un plan de restructuration qui aura pour effet de pousser au départ de la rédaction une quarantaine de journalistes.

3/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

D’un format « classique » 21x27, la bête se laisse manipuler avec plaisir. La pellicule glacée glisse sous les doigts et le velouté du grammage invite au turn-over au gré des nombreuses photos qui habillent les zones texte.

La typo n’a rien de révolutionnaire, avec des gros titres rédigés en minuscules de corpulence élevée, adoucissant le son des trompettes. Cela semble nous dire que la pertinence n’est pas une affaire de majuscules et que le garde-à-vous de la typo n’est pas indispensable aux discours de paix.

Une certaine idée de la douceur, voilà ce qui pourrait caractériser l’impact visuel de l’Obs, notamment au niveau des photos qui, nonobstant les sujets brûlants, ne manquent pas de conserver une certaine forme d’humanité dans leur façon de saisir l’expression de personnes présumées ennemies.

Une certaine idée de la douceur, voilà ce qui pourrait caractériser l’impact visuel de l’Obs

La Une (en couverture) du numéro 2715, exposant face à face les profils de Donald Trump et Marine Le Pen, illustre bien cette façon quasi bienveillante de considérer l’autre. « Loin de nous heurter, votre différence nous enrichit ». Chapeau !

La Une de l’Obs trouve donc son accroche dès la photo de couverture, donnant ainsi rapidement le menu de la semaine, à travers un dossier complet qui sera le plat de résistance du magazine. Les différentes rubriques sont ensuite alignées dans un souci évident d’efficacité.

2 Unes politiques du magazine

Ne cherchez pas d’innovations graphiques, il n’y en a pas. Si on était mauvaise langue, on pourrait même dire que, de loin, on croirait voir le spectre d’un journal de droite. Mais le spectre n’est pas la chair. Les sous-rubriques sont surlignées en rouge histoire de réveiller les yeux avant d’entrer dans la dégustation d’anti-pasti d’une très haute tenue rédactionnelle, pleines de sens et de saveurs d’une gauche qui semble éternellement jeune sans éructer pourtant le moindre écho de jeunisme guttural.

De la même façon, la mise en page semble gravée dans le marbre d’une école qui peut-être manque de renouvellement ou de créativité. Malgré les innombrables publicités qui ponctuent le journal, l’ensemble parvient à conserver un équilibre sain favorisant la lecture en profondeur des articles.

On aurait envie que l’Obs fasse éclater ses propres barrières pour entrer dans l’ère du contrepoint, où le graphisme est en capacité de parler une langue toujours en mouvement. On va leur laisser le temps de se retourner, mais pas trop, parce que la gauche a besoin de trouver un sens à son désir de renouveau. Ce que la mollesse graphique de l’Obs nous raconte, c’est la peur d’un autre monde, où les codes se transforment sans cesse.

On aurait envie que l’Obs fasse éclater ses propres barrières pour entrer dans l’ère du contrepoint

La mollesse peut être un symptôme dépressif comme l’expression d’une gestation sur le point de briser l’œuf. A voir. La période hippie est terminée, les joints se vapotent et la créativité graphique est en berne. Surprenez-nous !

8/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Les petites rubriques s’enchainent : Avant-postes, L’opinion, Le point de vue, Le regard, Le dessin, Le téléphone rouge… Vient ensuite la Une annoncée par la photo de couverture et se déclinant en une série d’articles de fond fouillés et pertinents.

Suit une rubrique Débats, invitant à l’échange avec une ou plusieurs personnalités du monde intellectuel et artistique, puis un important dossier Culture, et enfin la rubrique Tendances axée sur le Life Style.

Les Brèves composant les rubriques du début nous permettent d’entrer dans l’actu de la semaine de façon relativement ludique. Photos en médaillon, phrases chocs, secrets d’alcôves, politique people, on se croirait presque dans Marianne ! Heureusement, cela ne dure pas. Arrive le plat de résistance, traité avec un service de table particulièrement soigné.

L’Obs semble habité par un vieux fond d’humanisme qui lui interdit de tirer à gros boulet sur l’ennemi

S’ajoutent aux plumes des journalistes maison des personnalités du monde politique qui peuvent espérer trouver ici un certain terrain d’expression, même si l’on s’aperçoit à la fin, écrit en tout petit au bas de l’article, que les propos ont été « recueillis par… »

Avec une personnalité politique, nous pourrions être amenés à penser qu’un texte n’a jamais autant d’authenticité que lorsqu’il est signé par son auteur. En effet, les mots, les tournures de phrases, la musique de l’invisible, rien n’est anodin dans la transcription de sa propre pensée. Devons-nous nous demander si les journalistes ne mâcheraient-ils pas un peu le travail des politiques en leur donnant du style ?

Quoiqu’il en soit, l’Obs semble habité par un vieux fond d’humanisme qui lui interdit de tirer à gros boulet sur l’ennemi. Cela est élégant et témoigne d’une mise en pratique, sur le terrain, du sacro-saint respect d’autrui piétiné par tant de rédactions. L’Obs ne s’inscrit pas dans la tradition des caricaturistes gauchistes. Cela semble être une facilité à laquelle l’hebdo a décidé de ne pas succomber.

Même à travers un propos qui n’a rien de défaillant dans ses convictions, L’Obs semble s’interroger encore sur la signification d’être aujourd’hui simplement de droite, ou de gauche. Au fond, on ne sait plus tant il y a à faire pour redonner voix aux appels de la conscience. A force d’user de codes qui appartiennent à tous, il est de plus en plus difficile, paradoxalement, de saisir l’essence d’une publication pourtant ouvertement plantée à gauche.

Etre Observateur ne suffit pas pour redresser la barre

Si la nonchalance se transforme en cécité, il y a du souci à se faire. Etre Observateur ne suffit pas pour redresser la barre. Au contraire, c’est une invitation à couler avec le bateau. La gauche possède-t-elle encore les armes lui permettant de se désentraver de ses liens nonchalants ? Quand on ausculte ce magazine phagocyté par la pub, martyrisé par ses actionnaires, on se pose sérieusement la question.

2/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

Les personnalités de gauche ont la parole. Si la politique est présente, l’Obs favorise cependant plus le débat d’idées, sans jamais tomber dans la diabolisation. L’Obs donne l’impression d’avoir compris que les concepts de droite et de gauche se rapprochent inexorablement. Un monde nouveau est en train de poindre, mais lequel ? L’énigme demeure.

L’Obs continue d’observer la lente dérive des continents sans jamais frapper du poing sur la table de peur de faire tomber les verres. L’hebdo ne relativise-t-il pas trop l’importance des personnalités politiques soudain plébiscitées ? Comme le souligne François Cusset, dans son article à propos des élections américaines : « C’est moins le magnat de l’immobilier qui a rejoint la politique que l’époque qui peu à peu l’a rejoint ».

C’est juste, mais maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Quel est au fond la mission d’un hebdo de gauche ?

Par Hervé Mestron
Médias & réflexions

Evaluation finale

Les Plus

Le débats d'idées

Le respect des différences

Des plumes de qualité

Les Moins

Observateur passif?

Une politesse qui anihile?

La note finale
13/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
17/20
Moyenne des 2 note(s) d'internautes
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