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L'Express
L'express

 

300.000 exemplaires

 

Ventes en baisse

 

Nouveau rédac' chef



Évaluation L'Express

“ Ni de droite ni de gauche, bien au contraire ”

Fondé en 1953 par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, l’Express appartient aujourd’hui à l'entrepreneur Patrick Drahi (L’Expansion, Studio Ciné live, Lire, Mieux vivre votre argent, Classica, Pianiste, Libération…) et tire environ à 400.000 exemplaires.

L’hebdomadaire n’eut jamais à se plaindre de la plume de ses collaborateurs, comme Albert Camus, André Malraux, Françoise Sagan, Jean-Paul Sartre, Raymond Aron, Françoise Xenakis, Robert Badinter… La liste est longue et on se surprend à constater que l’intelligence du cœur a souvent présidé à l’écriture des colonnes de l’hebdo.

Plutôt de gauche et anti-gaulliste dans les années soixante, dénonçant notamment les tortures pendant la guerre d’Algérie, l’hebdo évolue vers un format style « Times » s’éloignant peu à peu du centre gauche pour rejoindre selon certains une certaine idée du centre droit. Mais selon Christophe Barbier, directeur de la rédaction jusqu’en 2016, L'Express ne serait en fait ni de droite ni de gauche, mais simplement « au-dessus de la mêlée ».

3/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

Mis en kiosque dès le mercredi à Paris, (le lendemain pour le reste de la France), avec une maquette conçue avec QuarkXPress, format (20x26,5), l’Express fut l’un des chefs de file en France de ce format "news magazine" américain, adopté ensuite par Le Nouvel Observateur, Le Point, L'Evénement, Marianne…

Les gros titres n’ont pas peur d’être gros, ni le noir de virer au rouge, dès lors qu’il s’agit d’être efficace sans pour autant faire dans la dentelle. Esthétiquement, inutile d’attendre la transcendance d’un visuel qui transformerait les habitudes, car on ne change pas les codes d’une méthode qui a pour mission de réussir ce qu’elle entreprend.

2 Unes de L'express ; Une couverture de l'hebdo et un Hors série

Tout est entreprenant, bien indiqué, de façon à ce que les panneaux, comme dans le code de la route, puissent être compris par tout le monde, même ceux qui roulent à gauche…

Et pour les éternels insatisfaits qui chercheraient un zest de nouveauté dans la présentation de la carte du menu, ils pourront s’orienter vers le site internet actif et brillant du magazine.

7/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

La petite pointe commence dès l’édito du célèbre Christophe Barbier, dont la plume à collerette rouge surfe habilement entre les dits et non-dits, faisant de son papier, un modèle d’introduction. S’enchainent des rubriques plus ou moins brèves couvrant à la fois les célébrités, la société, la culture, les gens et la politique.

L'édito dans sa version vidéo, spécialité d'un Christophe Barbier multi-médias

Vient ensuite le dossier central, généralement consacré à la santé politique et sociale du pays, à travers le prisme d’un évènement particulier. Le magazine est le champion des Unes politiques quand il ne s’agit pas de L’Islam et de l’immigration, thèmes qui finissent peut-être par lasser les lecteurs.

En tous cas, pour le numéro 3413 du magazine, il s’agira de la guerre fratricide de la gauche synthétisée sous le titre « la chienlit » décrivant probablement l’impasse conflictuelle interne au parti avec son lot de désordres concomitants.

Construit comme une frise chronologique, les auteurs Marcelo Wesfreid et Anne Rosencher nous raconte l'histoire de la gauche depuis l’arrivée de Manuel Valls au sein du PS, en 1995, jusqu’à mars 2014, date de sa nomination à Matignon.

La rubrique Long Cours ouvre ensuite des dossiers délicats ayant souvent un rapport avec la politique internationale et les personnes ou les lieux s’y rattachant. Il est probable que derrière certaines personnalités peuvent se cacher des intérêts ou des menaces insoupçonnés.

Ainsi, L’Express nous dévoile la personnalité d’une certaine Kellyanne Conway, blonde républicaine décomplexée et conseillère à la Maison Blanche de… Donald Trump. C’est vrai qu’elle a un beau sourire et certainement aussi une influence que le monde entier va pouvoir peu à peu découvrir…

Après les pages Culture pleines de tact et d’intelligence, le magazine termine sa dernière étape en passant par les voyages, les montres, la mode, et les mots croisés. Il s’achève enfin avec Jacques Attali qui, comme Christophe Barbier dans son édito du début, exprime son sentiment sur la querelle de la semaine.

Notons qu’en plus du magazine tel quel, s’adjoignent deux opus plutôt conséquents : Styles, qui est une façon de parler de la société à travers la mode, accompagné d’un numéro spécial consacré à l’art et à la réalité du shopping dans les lumières d’aujourd’hui.

4/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

Si certains le voit à droite, d’autre peuvent l’entendre dans une musique de gauche, et c’est curieusement par une sorte d’habileté bienveillante que le magazine réussit à ne pas tomber dans les travers stériles de ses confrères. Car à trop défendre un camp, on en oublie parfois le reste du monde dans son rôle joué dans la partition.

Cette boutade, « ni de droite ni de gauche », n’est pas une coquetterie de style. Il y a souvent beaucoup de sincérité dans notre monde un peu fou dans lequel il faut parfois comprendre l’inverse de ce qui est formulé. Mais l’Express, loin du mauvais esprit, ne nage pas dans la vacuité des querelles de chapelle.

Il ne se place ni en spectateur ni en donneur de leçon et préfère porter sur le duel un regard averti et passionné

L’Express s’intéresse de près aux combats sur l’échiquier. Il ne se place ni en spectateur ni en donneur de leçon et préfère porter sur le duel un regard averti et passionné. Les analyses de la rédaction permettent de décrypter les forces et faiblesses des clans opposés, afin d’offrir une saine lisibilité des conflits.

La rédaction explore de façon impartiale les conséquences de l’éparpillement actuel de la gauche. Elle mesure avec un certain discernement l’histoire de la transformation du parti. L’Express intervient comme un coach, analysant la tactique, les ouvertures, la créativité, jusqu’à disséquer les raisons d’une mort annoncée.

Christophe Barbier lui-même constate que la gauche, dans son chaos interne, oublie tout simplement de s’adresser au peuple, et que « si elle ne se ressaisit pas, elle ne perdra pas seulement la présidentielle, elle sera privée du pouvoir pendant vingt ans ». Certes, il exagère un peu, comme toutes les mères surprotectrices.

Ce n’est pas un message anti-gauche mais l’expression d’un regard supérieur et peut-être un peu condescendant. C’est de bonne guerre de reprocher à un parti nourri de socialisme de spéculer aujourd’hui sur les lois de la jungle mais notre éditorialiste d’ajouter que si « la France avait déjà inventé la droite la plus bête du monde, elle est désormais dotée de la gauche la plus méchante ». Cela ressemble presque à un procès d’intention.

Ce n’est pas un message anti-gauche mais l’expression d’un regard supérieur et peut-être un peu condescendant

Il y a beaucoup de bon sens dans la façon de traiter l’actualité. A aucun moment le lecteur ne se sent pris en otage par la rhétorique absconse d’un journaliste surdoué. Et l’excellence de l’analyse est néanmoins présente lorsque, dans sa rubrique sensible consacrée à la mort de Castro, l’Express republie un article de Jean-François daté de 1979, où il est dit que, finalement, Castro a plus disséminé la liberté que la subversion.

Enfin, au lieu d’entrer dans la polémique sur les méthodes d’investigation des policiers dans les affaires de trafics de drogue, l’Express nous livre une enquête fouillée, honnête et sans concession, sur les techniques d’infiltration des enquêteurs dans les réseaux sensibles de « l’internationale connection ».

Une fois encore, il ne s’agit pas d’une vision de droite ou de gauche, mais d’un regard pertinent porté sur un fonctionnement dont les dérives participent du questionnement. Finalement, ce genre de dossier peut aussi relancer le débat sur la légalisation de la drogue, non pas pour minimiser les effets de cette dernière, mais pour pointer les endroits où règne la confusion des appréciations. 

L’express ne donne pas de leçon, n’érige aucun dogme, si ce n’est celui de la cohérence indispensable à l’élaboration d’un discours constructif.

Par Hervé Mestron
Médias & réflexions

Evaluation finale

Les Plus

Une saine lucidité

Un discours de vérité

Des plumes intelligentes

Les Moins

Une fantaisie inexistante

Des thèmes parfois éculés

 

La note finale
14/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
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