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Elise Lucet


Portrait de Elise Lucet

Aujourd'hui devenue une personnalité influente du monde des médias, Elise Lucet a gravi les échelons du journalisme, animée par une volonté féroce de dire les choses, de susciter la réflexion et d'engager le débat.

Informer coûte que coûte : telle pourrait en effet être la devise de cette journaliste d'investigation réputée pour sa ténacité, autant que pour sa bienveillance.

Journaliste, une vocation

C'est à 14 ans, en regardant Christine Ockrent à la télévision (première présentatrice d'un JT de 20 heures sur Antenne 2), que l'évidence lui apparaît. Elle sera journaliste. Fille d'un père professeur d'université et d'une mère directrice d'école, Elise Lucet n'était pas pré-destinée à devenir une figure emblématique du paysage médiatique français.

Avant de devenir la journaliste d'investigation respectée et parfois craint, elle a débuté sa carrière pour la télévision locale. C'est à France 3 Caen qu'elle fourbille ses armes, en 1983, sous la houlette de Henri Sannier. Fidèle à ses valeurs et convictions, elle ne quittera plus France Télévision, si ce n'est pour une brève parenthèse radiophonique sur France Inter.

France Télévision, une deuxième famille

Elle rejoint France 3 national en 1990 où elle présentera, pendant 15 années, le 19/20. Elle prendra ensuite les commandes du JT de 13 heures de  France2 ; elle l'animera pendant onze années jusqu'en avril 2016.

La journaliste sur le plateau du 13 heures de France 2
26 années au cœur de l'actualité et de l'information. Deux décennies et demi passées à « sentir battre le cœur du monde au quotidien (…), avec une certaine idée du service public : exigence, rigueur, indépendance, proximité et modernité. (…) » comme elle le soulignait à la fin de son dernier JT sur France 2 en avril dernier.

Très attachée à la transmission et aux services publics (logique avec des parents qui ont fait ce choix au travers de l'enseignement), Elise Lucet préfère cet environnement laïque aux sirènes de chaines privées dont les valeurs lui sont plus étrangères...

Ce lien privilégié au public se confirmera dans plusieurs moments clefs de sa vie professionnelle. Elle indique avoir eu l'impression, parfois, de faire partie de la vie des téléspectateurs (et réciproquement).

En témoigne son absence des écrans pendant plus d'un mois en 2011, à la suite du décès de son mari. La journaliste reconnu alors avoir été submergée de témoignages d'affection et de soutien.

Son attachement au journalisme d'investigation

Son parcours a également été ponctué d'expériences plus éloignées de l'actualité, avec notamment la présentation de 2 émissions scientifiques : Nimbus en 1995 puis Les Aventuriers de la science en 1999. La journaliste n'en demeure pas moins farouchement attachée au journalisme d'investigation.

De 2000 à 2011, elle lance et produit Pièces à conviction, qu'elle présente avant d'être remplacée par Patricia Loison. Cette émission s'empare de sujets politiques, économiques et financiers en décryptant les enjeux majeurs qui s'y rattachent.

Du Business de DSK aux coûts des ambassades françaises en passant par les raisons de la (quasi) faillite d'Areva, l'émission explore avec méthode et discernement les arcanes de notre pays. Certains sujets ont fait l'objet de polémiques avec une approche considérée comme "à charge" ou biaisée.

L'existence même de cette forme d'investigation journalistique, au sein d'une chaine de télévision publique (France 2) ne peut néanmoins qu'être saluée et encouragée.

Bande annonce de Pièces à conviction sur France 3

En décembre 2009, la journaliste/productrice est confrontée à une épreuve : Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, deux journalistes qui préparaient un reportage en Afghanistan pour l'émission, sont kidnappés par des tablibans et retenus en otage jusqu'à leur libération en juin 2011. Elise Lucet leur apporte son soutien tout au long de leur captivité.

Suivra le magazine Cash investigation en 2012, où la journaliste propose des enquêtes dans le « monde merveilleux des affaires » avec, au programme, détournement des fonds publics, influence des lobbies, conflits d'intérêt, évasion fiscale...

Echange musclé entre la journaliste et Christian Estrosi sur le plateau de Cash Investigation

Transparence et polémique, les ingrédients du succès

A propos de cette émission, Elise Lucet confiait à Télérama, en 2012, que « l'idée de départ, c'était de court-circuiter les campagnes de communication des multinationales. Aujourd'hui, ces groupes sont trop bien armés. On ne peut plus approcher un dirigeant d'entreprise sans être escorté par quatre attachés de presse".

Pour autant, la journaliste a à son actif un certain nombre de numéros de Cash Investigation depuis sa création, chacun suscitant toujours de nombreuses et souvent vives réactions des principaux protagonistes, comme des téléspectateurs.

L'émission qui a relancé l'investigation sur France 2

L'émission diffusée en septembre 2016, sur l'agro-alimentaire et la santé, a ainsi créé la polémique en montrant du doigt les grands groupes agro-alimentaires français, avec l'ambition d'éveiller la conscience des consommateurs.

Fonctionnant sur la transparence de l'information, Cash Investigation a obtenu plusieurs récompenses, dont  le Grand Prix des médias en 2013, de CB News, catégorie « Meilleure émission de TV info et doc ».

Dans un registre intimement lié à l'investigation et aux révélations, un projet de directive européenne visant à protéger le « secret des affaires » la conduit à lancer une pétition en juin 2015 ; celle-ci obtient un écho significatif avec plus de 500 000 signatures recueillies.

Pour la journaliste, cette directive reviendrait tout simplement à mettre en péril le métier de journaliste et le droit à l'information puisque, comme elle le soulignait dans le texte de sa pétition, « notre métier consistant à révéler des informations,  il nous sera désormais impossible de vous informer sur des pans entiers de la vie économique, sociale et politique de nos pays. »

A la tête des Jeudis de l'info

Chargée de remanier Les Jeudis de l'info de France 2 en septembre 2016, autrement dit de repenser les magazines Envoyé spécial et Complément d'enquête, Elise Lucet fait face à une autre polémique peu après son entrée en fonction.

Alors qu'un numéro d'Envoyé Spécial mettant en cause Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bygmalion était programmé pour une diffusion prévue le 29 septembre, le directeur de l’information de France Télévisions, Michel Field, s'y oppose en justifiant sa décision par le début de la campagne de la primaire de la droite et du centre.

La tension monte entre les journalistes et le directeur de l'information, soupçonné de vouloir s'assurer la présence de M. Sarkozy lors de la nouvelle émission politique de la chaîne. Elise Lucet et son équipe obtiennent finalement gain de cause et l'enquête est diffusée à la date intialement prévue.

Envoyé spécial nouvelle formule

Depuis septembre 2016, la journaliste anime une nouvelle version d'Envoyé Spécial. L'émission avait besoin de se moderniser, s'étant enfermée depuis plusieurs années dans une sorte de routine où les sujets semblaient souvent décorellés de l'actualité et le traitement quelque peu suranné. 

Elise Lucet s'en tire relativement bien en animant, en studio ou en extérieur, une émission vivante et plus portée sur l'investigation. Les reportages s'avèrent pertinents, renseignés et proches de l'actualité. 

Elise Lucet présente Envoyé Spécial en studio ou en extérieur

Un deuil, une reconstruction

Elise Lucet perd son mari en février 2011 (Martin Bourgeois, antiquaire et père de leur fille Rose) et choisi d'affronter son deuil en continutant à présenter le journal de 13 heures. Sa nature réservée l'amène à rester discrète sur cette période terrible de son existence. 

On peut néanmoins entendre que le besoin de vérités, qu'elle porte depuis l'enfance, a pris des accents plus évidents encore ces dernières années. "Je me sens à nouveau une grande liberté. Peut-être que c'est la maturité, peut-être que je commence à ressembler à moi-même et à n'avoir pas peur de montrer qui je suis" déclarait elle en 2015 comme pour expliquer des choix plus affirmés, moins consensuels.

Par Virginie Landemaine
Rédactrice pluri-médias