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Diapason
Diapason

 

Musique classique

 

Tirage : env. 50.000 ex



Évaluation Diapason

“ Pour l'amour de la musique classique ”

Créé en 1952 par Georges Cherière, disquaire à Angers, Diapason est d’abord un magazine consacré aux disques de toutes les musiques, variétés et classique confondues, avant de devenir progressivement un mensuel spécifiquement dédié à l’information et la critique musicale classique. Edité par Mondadori France, ses ventes sont supérieures à Rock and Folk et Les Inrocks.  Il possède également un site, diapasonmag.fr, plein d’allant et de fraicheur.

4/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

De format 22x28, le magazine n’est pas très beau mais cela n’a aucune importance. On pourrait s’attendre à ce qu’un mensuel consacré à la musique classique soit davantage soigné dans son originalité. Mais cette publication spécialisée ne veut surtout pas s’interdire le grand public, bien au contraire.

Elle est destinée aux mélomanes de tous bords qui aiment les photos de musiciens, surtout quand ils ont l’air inspiré et qu’on a déjà l’impression d’entendre de la musique en les regardant poser avec leur instrument.

La musique les a faits beaux car l’âme pure est nécessaire pour toucher le cœur humain dans son universalité. La maquette efficace ne cherche pas à illustrer l’excellence de ce qu’elle défend dans ses colonnes. Ce qui est important, c’est le contenu, le discernement pour évoquer ce qui est indicible.

2 couvertures de Diapason - L'instrument et le musicien

Les polices claquent comme des consonnes, la typo pianote dans tous les tons, tout est coloré, parfois même de façon un peu kitch, comme si le mot d’ordre résidait dans un strict refus de tout effet de chapelle. C’est ainsi, en allant chercher le public que Diapason réalise cette mission improbable de donner des oreilles au plus grand nombre.

8/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

L’édito d’Emmanuel Dupuy trace un tour d’horizon sur l’excellence musicale confrontée à ses moyens de diffusion qui se transforment sans cesse pour ne pas mourir asphyxiée. La physionomie des maisons de disques change d’expression, de nouveaux labels autoproduits remplacent peu à peu les grands majors.

Une nouvelle économie se dessine en trouvant des solutions qui tentent d’inventer en se détachant de l’emprise toxique des grandes firmes capables de « tuer » l’artiste qui ne génère pas suffisamment d’argent. Des « petits labels » réussissent à grandir parfois sous l’impulsion des musiciens eux-mêmes, pour qui « graver » est une façon d’écrire à leur tour dans le grand livre des transformations.

Les premières pages consacrées à l’Actu du mois nous conduisent ensuite dans les coulisses des interprètes et du métier : naissance de talents, disparitions, santé des maisons d’opéra, nominations officielles…

Un dossier histoire, replaçant un genre musical dans son contexte historique, est composé de façon à la fois fouillée et synthétique, ne débordant jamais sur la seule piste abstraite de la musicologie.

Un dossier complet avec des explications claires fournies par Ivan A. Alexandre. Analyses, photos, manuscrits, assortis d’une discographie pour illustrer le propos. Si cela permet à la fois de découvrir un sujet comme le revisiter, c’est véritablement un moyen d’inviter le public à une démarche toujours plus curieuse.

Entretien avec le pianiste Alfred Brendel

Suit une rencontre interview avec un artiste généralement au sommet de son art, illustrée par de belles photos romantiques où l’artiste apparait toujours comme un ange au pays du romantisme le plus fantasmé.

Arrive enfin le gros dossier central consacré à la critique des disques sortis dans le mois. Plus de 150 enregistrements sont chroniqués à chaque numéro. Le magazine est connu pour sa fameuse sélection et ses diapasons d’or distribués comme des bons points. Ces notes aident le public mélomane à s’orienter dans la production pléthorique même si les avis sont (forcément) subjectifs.

Le magazine est connu pour sa  sélection et ses diapasons d’or distribués comme des bons points

Comme le rappelle Emmanuel Dupuy dans son édito, à propos des notes données par Diapason : « … un petit quelque chose qui nous fait chavirer, une ambition, un degré d’accomplissement hors norme, une vision artistique si personnelle qu’elle prend place sans nul doute dans la grande histoire du disque ». C’est joliment dit, c’est aussi la règle d’un jeu où ce qui est de l’excellente beauté doit être évalué et partagé.

Diapason continue enfin avec une rubrique bien fournie consacrée à la hi-fi. Chaque mois, du matériel high tech est testé et évalué. Cela concerne aussi les casques, enceintes, platines… bref, de quoi apprécier la musique de façon ultra pointue. Encore une fois, l’excellence à la portée de toutes les oreilles… qui ont les moyens.

5/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

Oui, il y a des pubs dans Diapason, mais ni pour les voitures, ni pour les yaourts. Des disques, des concerts, des festivals. Le magazine est consacré à la musique classique et à ses résonnances. Tout est là pour nous faire aimer et comprendre ce qui nous transporte. Les choses ne sont pas pensées dans une stratégie économique mais dans un esprit de partage.

Les choses ne sont pas pensées dans une stratégie économique mais dans un esprit de partage

C’est peu de chose mais cela fait toute la différence dans notre symphonie du profit. L’art vivant est au-dessus de nous et les hommes le savent. L’art vivant est l’émanation des forces qui nous relient au-delà de nous-mêmes. La musique classique en particulier offre l’exemple d’un renouvellement constant qui passe par l’interprétation des musiciens.

Si les projecteurs peuvent se focaliser sur l’actualité, ils peuvent aussi mettre en lumière des interprètes du passé, cela sur un même plan d’égalité. Diapason nous rappelle à sa façon que l’invisible barrière qui sépare les générations d’artistes n’est pas une figure de style, car l’interprétation est le chemin des transmissions et des transformations.

« L’amour du classique, la passion de l’excellence », est gravé sur le frontispice du magazine, pour exprimer clairement la politique de la maison. C’est un peu la Ligue 1 de la musique classique, mais on ne parle ici jamais du salaire des musiciens, sauf pour répéter que Mozart était sous-payé et que si la Sacem avait existé à son époque, les choses auraient été probablement différentes pour lui...

C’est un peu la Ligue 1 de la musique classique, mais on ne parle ici jamais du salaire des musiciens

Non, la rédaction ne touche pas à cet aspect du spectacle. Elle préfère laisser les métaux à la porte de la salle de concert, sans doute pour ne pas altérer l’image si parfaitement lisse du musicien classique. En effet, peu de bad boys dans la profession, pas de suicide, et parfois une longévité de vie assez exceptionnelle.

Diapason ne parle pas de la vie des musiciens dans la société d’aujourd’hui, ni des baisses de subventions, encore moins de la précarité de certains instrumentistes free-lance. Diapason ne dit pas que le disque permet à peine de mettre de l’essence dans une voiture. Le temps où les maisons de disques donnait des à-valoir est révolu. Dans la majorité des cas, le musicien n’est même pas rétribué. Et parfois, il en est carrément de sa poche.

Diapason ne parle que de musique et de ceux qui la font avec excellence. Ainsi la musique garde-t-elle en apparence toute sa pureté originelle. En tous cas, à travers sa foisonnante rubrique de critiques, le magazine continue à dresser, mois après mois, année après année, un véritable état des lieux de la discographie contemporaine, cette écriture des hommes dans les mathématiques sonores.

Par Hervé Mestron
Médias & réflexions

Evaluation finale

Les Plus

Une saine authenticité

L'amour du classique

Le sérieux du traitement

Le plaisir du partage

Les Moins
La note finale
17/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
20/20
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