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Causette
Causette


Mensuel féminin

Réflexion et curiosité

Tirage : env. 62.000 ex.

 



Évaluation Causette

“ La cause des femmes ”

Le magazine paraît pour la première fois en mars 2009 (à la veille de la journée internationale des femmes). Son créateur, Gregory Lassus-Debat, considère que les femmes méritent autre chose que ce que leur propose les magazines féminins traditionnels…

De fait, Causette prend le contre-pied de nombreux clichés et stéréotypes : il s’adresse plutôt à l’intelligence des femmes qu’à leur (prétendue) compulsivité d’achat ; avant tout à leur curiosité d’esprit qu’à la manière de dresser une table d’invité(s).

Initialement diffusé en région parisienne, le magazine jouit désormais d’une couverture nationale et d’un succès certain. Le tirage actuel est d’environ 62.000 exemplaires tandis que la diffusion dépasse les 120.000…

4/5

Construction et esthétique

Format l Qualité de la maquette l Structuration l Typographies

Format et grammage

Le format de Causette est assez classique pour un magazine (21x28cm soit un quasi A4). Gilles Bonjour, co-fondateur du mag / administrateur général, nous indique que 3 papiers différents sont utilisés pour réaliser la revue. Un papier 70 grammes PEFC (qui respecte les normes environnementales) pour le mensuel, avec une couverture 200 grammes PEFC.

Le toucher s'avère assez agrable ; le blanc est correct avec une opacité (du recto au verso) satisfaisante étant donné son épaisseur ; le rendu photographique est de bonne facture. 

Les typos de Causette

Le magazine utilise de nombreuses typographies (polices de caractère). Le style scriptural (proche du rendu d'une main qui écrit) est le plus représenté. Cette police se retrouve en haut des pages pour décrire la partie dans laquelle on se situe. Elle l'est également pour des titres pour des titres d'articles. 

Pour les sujets majeurs traités dans le magazine, il n'y a pas de règles définies et le choix se fait selon l'univers et le thème abordés. On passe de typos arrondies et douces à des polices grasses et larges. Certains sur-titres (au dessus du titre principal) ou sous-titres se voient également parés de couleurs vives. Cet ensemble de typos, protéiforme et libre, offre une sensation de lecture plutôt agréable. 

Des Unes rafraîchissantes

Les Unes de Causette font la part belle à la photographie. Une image d'illustration, souvent décalée voire humoristique, se trouve entourée des sujets majeurs présents dans le numéro.

Une jolie femme pleine de mousse de rasage et s'apprêtant à se raser (le visage) comme un homme pour évoquer le féminisme. Une femme bourgeoise affublée d'une batte de baseball pour un dossier sur le "Néofacisme au féminin" ou encore une gamine affichant un air satisfait, barrée du titre "Les enfants sont-ils de droite"... On est loin de Marie-Claire et de Biba et cela fait du bien!

Une charte minimaliste

Des rectangles de tout poil

Des rectangles bordeaux (avec une police blanche à l'intérieur) pour le sommaire, des titres de dossiers ; des variantes de différentes couleurs (rose, orange, bleu) pour des titres de pages ou de paragraphes... Pour chacun d'entre eux, une sorte de trait fin, qui s'épaissit sur les bords, vient coiffer le rectangle avec un effet d'élévation.

Petites touches graphiques

En haut de la plupart des pages, on retrouve le "C" de Causette dans une bulle bordeaux traversé de gauche à droite par un fil ondulatoire très fin. En dessous, le thème de la page apparaît (police scripturale, quasi-italique) puis un léger tiret noir vient souligner l'ensemble. 

On retrouve ces fils ondulés à l'intérieur du magazine pour séparer 2 articles sur une même page. Lorsque la séparation est verticale, ce sont de petits points alignés qui prennent le relais. Ces petites touches graphiques, assez subtiles, évoquent le mouvement et la clarté. 

7/10

Contenus / Apports

Traitement des sujets l Réflexion et analyse l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Causette est certes lu par 95% de femmes mais de nombreux hommes seraient susceptibles de se retrouver dans les colonnes de ce magazine. Voici un tour d'horizon, non exhaustif, des principales rubriques...

Dans la boîte aux lettres de Causette

Chaque mois, le courrier des lectrices (et de quelques lecteurs) se retrouve mis en avant dans la première partie du magazine. Opinion(s) faisant suite à un dossier précédent, clins d'oeils humoristique (par le biais de photos et ou de textes) ou tout simplement des témoignages qui ont pu toucher la rédaction... Une partie de ces échanges se voient ponctués d'un commentaire d'une des journalistes (sous l'angle complice le plus souvent).

Dans Causette, on trouve aussi des lettres entières, en pleine page, qui expriment un point de vue de lectrice/lecteur. C'est le cas, par exemple, d'un courrier qui critique l'excès de féminisme du magazine en soulignant les limites du discours et de ce positionnement. On appréciera l'ouverture d'esprit de la rédaction qui accepte (ponctuellement) des points de vue contradictoires et les publie dans leur intégralité...

On nous prend pour des quiches

Une série d'articles, de tailles et thèmes très variés, remplissent ces 3 pages. On y trouve des décryptages, des coups de gueules, des détournements de publicités... Réflexions (politiques) autour d'une publicité pour le tourisme en Syrie ; caricature d'une lectrice qui détourne une affiche (très kitsch) pour un salon de loisirs créatifs ou encore description / dénonciation d'une campagne publicitaire machiste passée à la moulinette Causette.

L'ensemble est assez réussi et révèle l'utilité d'une vigilance féministe dans une société qui conserve quelques stigmates des siècles de domination masculine.

La copine de Causette

Cette rubrique met en lumière une personnalité du monde culturel, politique, associatif ou scientifique. Biographie synthétique et dates clefs de "la copine de Causette" sont agrémentées de séquences d'interviews. On y découvre des parcours de vie surprenants, hors du commun. On y comprend, aussi, les nouveaux visages féminins qui composent et dessinent notre société actuelle. 
La plume est d'assez bonne facture et les photos d'illustration (réalisées par un photographe du magazine) mettent en exergue les "copines" sous un angle naturel, décontracté.

La partie "Politique"

Cette partie se décompose en plusieurs rubriques : articles de fond, débats autour d'une question d'actualité, interviews des lectrices du magazine. Des errances démocratiques de Robert Ménard (maire de Béziers) au pouvoir hégémonique de la FNSEA dans le monde agricole ; des injustices du monde libéral aux questions de réfugiés de guerre... De vrais sujets sont abordés et traités comme ils peuvent l'être dans un hebdomadaire politique.
Côté débat, la rencontre de lectrices avec une personnalité politique est retranscrite au travers de questions-réponses. Le format permet une certaine vérité dans les propos mais demeure assez superficielle dans les sujets abordés. D'une façon plus générale, les analyses politiques (proposées dans Causette) souffrent régulièrement d'un manque d'expertises pointues et de réflexions plus poussées sur le monde politique hexagonal.

Le dossier du mois

 

L'enquête

Chaque mois, une enquête est menée par plusieurs journalistes de la rédaction. On y retrouve des thématiques environnementales (des "crimes de Monsanto" aux dérives des industries agro-alimentaires) mais aussi sécuritaires (les failles dans la sécurité des lieux publics aux questions autour des attentas du 13 novembre à paris). 
Les investigations sont menées avec sérieux et rigueur. Les faits sont relatés sans démagogie et dans un souci 'information du lecteur. Cet effort d'éclairage et d'approfondissement est  si rare dans la presse féminine, 

La cabine d'effeuillage

La partie "Culture"

4/5

Ligne éditoriale

Neutralité l Positionnement politique l Valeurs véhiculées l Engagements

Causette : un féminisme victimaire?

Pourquoi Causette?

Le nom "Causette" interroge. Car il fait allusion (référence) à une petite "causerie" qui, d'après sa définition (de fait), n'aurait pas de grande profondeur ou légitimité. Le suffixe diminutif -ette vient renforcer l'idée de discussions de "moindre importance". 

Ce nom fait aussi inévitablement référence aux Misérables de Victor Hugo. Le personnage de Cosette, victime de la monstruosité de son entourage, y subit les pires rabaissements et sévices. Le choix de ce nom, dans un cas comme dans l'autre (voire conjointement), peut-il renvoyer à autre chose qu'à une posture de femme victime et aux discussions limitées?

Le nom semble, de fait, comporter une antinomie entre la volonté de la ligne éditoriale (considérer la femme comme un être doué de paroles intelligentes) et le message véhiculé par sa sémantique.

Le risque communautariste

A lire le magazine, on peut parfois avoir l'impression qu'une femme qui pense est une femme nécessairement féministe... Ce clivage pose quelques problèmes en matière de réprésentation de la femme. En effet, épouser un féminisme revendicatif ne semble pas nécessaire pour pouvoir endosser une position réflexive ou analytique.

En l'occurence, pourquoi afficher cette simplification qui peut dissuader des femmes désirant disposer d'un magazine intelligent sans avoir à nécessairement embrasser des thèses partisanes ? Le risque est de renvoyer l'image d'un communautarisme féminin plutôt que celle d'une féminité réconciliée et apaisée.

Des valeurs humanistes...

Le choix des sujets de société, marqué par les dimensions sociales et environnementales, traduisent la volonté de la revue d'une position humaniste. La place pour la diversité, la Culture et l'art, au sein du magazine, renforcent cette identité qui évoque plutôt les valeurs de gauche que celles du conservatisme droitier. 

... et contre le néo-libéralisme

L'opposition au libéralisme dérégulé et brutal ; le refus de l'hyper consumérisme ou encore la critique des dérives de grands groupes mondialisés (entre autre sur un plan environnemental) renforcent l'idée d'un journalisme de conviction (tel que l'on peut le trouver dans "le 1" ou chez "Libération".

Publicité minimum & encouragement(s) de l'Etat

La publicité, sur Causette, est très fortement limitée. Elle ne dépasse pas 5% du chiffre d'affaires du magazine. On trouve 8 à 10 fois moins de pages publicitaires sur Causette que dans la moyenne des magazines féminins. Ce choix, difficile à tenir pour atteindre l'équilibre financier, est à féliciter. Il s'agit là d'un choix de conviction et de courage.

Notons enfin que le ministère de la Culture soutient Causette en ayant choisi de déclarer le magazinbe "IPG" (Information Politique et Générale). Cette sorte de label reconnait à la fois l'utilité intellectuelle de la revue et permet de contribuer à son financement par ler biais d'une aide récurrente. 

Par Denis Morineau
Médias et numérique

Evaluation finale

Les Plus

Revue de conviction(s)

La pensée plutôt que la pulsion

Peu de publicité

Les Moins

Lien entre pensée et féminisme

Analyses politiques un peu justes

Peu de psychologie / psychanalyse

La note finale
15/20
Note finale de la rédaction
Les internautes
16/20
Moyenne des 4 note(s) d'internautes
Votre note
/ 20

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