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Capital
M6

 

21h toutes les deux semaines

 



Évaluation Capital

“ Une nouvelle recette un peu asceptisée ”

Diffusé depuis 1994 tous les quinze jours le dimanche à 21h, en alternance avec Zone interdite, Capital reste l’une des valeurs identitaires de M6 en terme d’audience. 2,5 à 3,5 millions de téléspectateurs viennent ainsi en moyenne goûter au menu économique et social du programme créé par Emmanuel Chain en 1988.

7 d’Or de la meilleure émission d’information en 1995, Capital a toujours été cité en exemple pour sa pédagogie et sa proximité avec le consommateur, comme en atteste les thèmes abordés à l’occasion des meilleurs scores réalisés depuis vingt-neuf ans: “La grande bouffe ; Le gaspillage alimentaire ; Vacances : le soleil à tout prix ; Classes moyennes : les nouveaux sacrifiés ; Argent public : le gaspillage continue”.

Porté à bout de bras par Emmanuel Chain jusqu’en 2003, le magazine a survécu à son concepteur pour passer entre les mains de Guy Lagache jusqu’en 2011, puis de Thomas Sotto jusqu’en 2014, et enfin, de François-Xavier Ménage. Ce dernier a cédé sa place en 2016 suite à un désaccord avec le projet éditorial de M6, qui annonçait en fin de saison dernière sa volonté de prendre un virage plus “entrepreneurial”.

2/5

Animation / Conduite

Orientation du programme l Qualité de la langue l Distribution de la parole l Neutralité l Tonalité et esprit véhiculé

En totale cohérence avec son discours, M6 a donc placé un entrepreneur à la barre de Capital dès le printemps. Bastien Cadéac, parfait inconnu du PAF et diplômé de l’Ecole des hautes études commerciales, s’est lancé à l’âge de 25 ans dans le monde de l’entreprise, sans expérience.

Trader à New-York, puis fondateur de start-up, il a été recruté par la chaîne alors qu’il proposait à M6 de prendre part à un fonds d’investissement. Quelques semaines avant sa première prise d’antenne, Bastien Cadéac a été l’objet d’une polémique portant sur la sincérité de son CV.

Un coach pour la présentation

Préférant répondre sur le terrain, le trentenaire, parachuté à la présentation et la rédaction en chef adjoint de Capital, s’est offert les services d’un coach pour travailler son élocution. Conscient de ne pas être issu d’une filière journalistique comme ses quatre prédécesseurs, il avoue lui-même avoir beaucoup à apprendre en la matière, tout en étant en mesure d’apporter un regard nouveau et complémentaire.

On attend plus du présentateur de Capital, cantonné ici à un simple rôle de faire-valoir, à l’image des speakerines des années 70

Ses premiers pas, le 17 juillet 2016, ont été fortement scrutés, au sein d’un numéro exceptionnel de Capital en terme d’audience sur les pièges à éviter pendant les vacances d’été. Très à l’aise, seul en plateau, le présentateur a tombé la chemise (et la cravate) pour faire table rase du passé.

Un ton neutre, sans improvisation

Avec un ton extrêmement neutre (trop peut-être) et linéaire, un sourire timide mais constant, Bastien Cadéac ne commet aucun faux pas mais ne brille pas non plus par son originalité.

Si les efforts de prononciation sont réels, et très audibles par moment, le présentateur en apprentissage ne parvient à aucun instant à quitter son prompteur des yeux. Obsédé par son texte, sa gestuelle devient mécanique et répétitive. Au final, le rendu est certes correct, mais la présentation trop robotisée annihile toute forme de dynamisme.

Le jeune présentateur gagnerait à plus de spontanéité et de liberté

Ceci explique peut-être cela: en tout et pour tout, Bastien Cadéac ne dispose à peine que de deux à trois minutes de paroles sur 1h40 d’émission en moyenne, entre la présentation succincte du sommaire et le résumé de l’émission. Un peu court pour se faire une réelle idée des capacités de ce nouveau venu, dont le naturel aurait sans doute tout intérêt à prendre le dessus.

On attend plus du présentateur de Capital, cantonné ici à un simple rôle de faire-valoir, à l’image des speakerines des années 70. Pour une présence aussi légère, une voix off ferait aussi bien l’affaire...

5/7

Contenus / Apports

Descriptif et traitement des sujets l Cohérence globale l Apports en termes de connaissance(s), de réflexion, de citoyenneté

Le reportage, c’est l’essence même de Capital, sa raison d’être. Après une présentation on peut plus rapide du thème de la soirée par Bastien Cadéac, le magnéto prend donc la relève pour rythmer le magazine presque jusqu’à son terme. Deux ou trois sujets viennent ainsi approfondir une thèse déterminée dès le générique de l’émission, comme autant de déclinaisons autour d’une seule idée.

Le made in France

On peut y retrouver encore aujourd’hui ce qui a notamment contribué à façonner la particularité de Capital: mettre en pleine lumière le made in France et le savoir-faire des entrepreneurs de l’hexagone, ici comme ailleurs: la grande saga de Décathlon, le secret des marques françaises dans le domaine de la lingerie, des jeans et des doudounes…

Bande annonce d'un Capital consacré au luxe - Louis Vuitton

Les nouvelles tendances

Sur le même principe, le magazine décortique les nouvelles tendances, avec cette fois-ci quelques questions plus lancinantes: d’où viennent-elles, et à qui profitent-elles?

Casinos, hôtels, bijoux: la nouvelle tendance du luxe abordable; Manger sain: notre obsession, leur business; Meubles, matelas, décos: ils osent tout pour casser les prix: Parc d’attractions, trampoline, Dj: le business florissant des sensations fortes...

Les bons plans

Enfin, Capital livre des enquêtes complètes sur les bons plans, les astuces, ou les pièges à éviter: Vêtements, téléphones, voitures: dépensez moins, achetez d’occasions; Pôle Emploi, Le Bon coin: ils se battent pour vous trouver du travail; Thon, brochettes et yaourt glacé: les dessous des plats préférés de l’été; Comment faire baisser la facture de vos vacances…

Du travail de professionnel... parfois censuré

Réalisés par toute une équipe de journalistes, les reportages sont très documentés et atteignent souvent leur objectif: nous offrir différents points de vues, sur le même sujet, pour nous permettre d’en dégager une vision plus juste et une opinion personnelle.

Les caméras cachées, les témoignages anonymes, les infographies, ou encore les immersions, sont autant de pratiques journalistiques au service de la vérité et de la transparence. Certains journalistes (toujours en voix off) n’hésitent pas quelquefois à livrer leur sentiment lorsqu’un intervenant est placé face à ses contradictions.

Les reportages sont très documentés et atteignent souvent leur objectif : offrir différents points de vue

Des révélations n’ont pas manqué de froisser la direction de M6 ces dernières années. Soucieuse de ne pas contrarier ses annonceurs, la chaîne a censuré des contenus pour épargner des grands laboratoires, des fabricants de poulets, des fast-foods, des émirs du Qatar, ou des grandes marques.

Un résumé en images

On a le sentiment de faire le tour de la question quand Capital s’empare d’un sujet. Et si vous n’avez pas réussi à tout retenir, Bastien Cadéac vous propose un résumé sous forme de piqûre de rappel en toute fin d’émission, là encore à grands renforts de chiffres et d’infographies; une véritable marque de fabrique ludique, qui perdure.

Une infographie sur le marché automobile en France

2/3

Réalisation / Montage

Qualité de la réalisation, du montage l Rythme impulsé l Pertinence des reportages et extraits l Habillage visuel et sonore

Si l’on peut souligner, encore une fois, la qualité des reportages de Capital, autant sur la forme que sur le fond, l’omniprésence d’extraits musicaux adéquats et d’infographies pédagogiques (également incrustées en plateau), on regrettera un manque flagrant d’originalité et de rythme en dehors de ces séquences (en début et en fin d’émission).

Du générique, devenu anecdotique, au sommaire de l’émission en forme d’extraits, l’entrée en matière est trop brutale, tout comme les retours de publicité. Un bref retour en plateau entre les sujets serait également le bienvenu, et contribuerait à clarifier les transitions.

3/5

Impression générale

Atmosphère l Ambiance l Fluidité l Objectivité du programme l Eveil, élévation l Respect du téléspectateur

Capital n’a rien perdu de sa puissance journalistique, au fil des années et des présentateurs. Les sujets abordés s’adressent toujours au plus grand nombre, et le magazine, en multipliant les angles, ne se contente pas d’un simple survol.

Capital n’a rien perdu de sa puissance journalistique au fil des années, des présentateurs

D’une manière ou d’une autre, la plupart du temps, passer dans Capital n’est pas forcément une bonne nouvelle, tant la rédaction du magazine s’évertue à chercher (et à trouver) la petite bête.

Un travail sans concessions, qui masque une présentation trop simpliste et trop rapide. Cette dernière n’est certes pas préjudiciable au contenu, mais pourrait allègrement gagner en vitalité grâce à quelques astuces déjà éprouvées, comme la présence d’invité(e)s en plateau par exemple. A bon entendeur...

Par Bruno Scappaticci
Sport, divertissement et musique

Evaluation finale

Les Plus

L’analyse d’un thème sous plusieurs angles

Le sérieux des reportages 

Les infographies

Les Moins

La présentation trop timide

Le manque d’invités

La note finale
12/20
Note finale de la rédaction
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